
Articles sur la Biodanza
La complexité des comportements sexuels des humains est le produit de leur culture, leur intelligence et de leurs sociétés complexes. Ils ne sont pas gouvernés entièrement par les instincts comme cela se passe dans presque tous les animaux. Le moteur de base du comportement sexuel humain reste cependant l’instinct, bien que sa forme et son expression dépendent de la culture et des choix personnels, ceux-ci donnant lieu à une gamme très complexe de comportements sexuels, où on peut distinguer des aspects liés à la santé, le plaisir, la légalité, la religion, etc.
Le concept de sexualité comprend tant l’impulsion sexuelle dirigée vers le plaisir immédiat et la reproduction que les différents aspects de la relation psychologique avec son propre corps (se sentir homme, femme ou les deux à la fois) et des attentes comportementales de la société.
Dans la vie quotidienne, la sexualité remplit un rôle de premier plan, puisque du point de vue émotionnel et de la relation entre les personnes, elle va bien au-delà de la finalité reproductive et des normes ou sanctions qu’impose la société.
Pendant des siècles, on a considéré que la sexualité chez les animaux et chez les hommes étaient à la base de type instinctif. Les théories se basaient sur cette croyance pour établir les formes non naturelles de la sexualité, parmi lesquelles il y avait toutes ces pratiques non dirigées vers la procréation. Ceci créa de la discrimination et beaucoup de sentiments d’angoisse.
Aujourd’hui, pourtant, on sait que même certains mammifères très développés comme les dauphins, et même des oiseaux comme les pingouins, présentent un comportement sexuel différencié, qui inclut même des formes d’apparente homosexualité, des variantes de la masturbation et même des viols.
La psychologie moderne déduit donc que la sexualité peut ou doit être apprise.
La psychanalyse isole la notion d’instinct chez l’être humain et considère la sexualité dans un sens plus vaste que génital puisque le désir sexuel humain ne recoupe pas l’instinct de reproduction.
Des études récentes sur la sexualité ont démontré que les questions de genre sont de grande importance dans la construction de l’identité personnelle et le développement social de la personne.
La sexualité humaine n’a pas besoin seulement de l’instinct et/ou la stéréotypie comportementale, comme les animaux mais est aussi influencée par une grande activité mentale et les caractéristiques sociales, culturelles, éducatives et de régulation de l’environnement où les personnes grandissent et développent leur personnalité. Une étude sérieuse dans le domaine de la sexualité doit se baser sur la convergence des différentes lignes de développement, incluant l’affectivité, les émotions et les relations.
Ces lignes de développement, ou potentiels sont à la base de la Biodanza. Dans la dimension sexuelle, personne ne se fixe sur le symptôme (manque de fréquence, érection, orgasme, désir, etc.), mais se focalise sur l’intégration des aspects sains de l’identité pour son bon développement progressif.
Un sondage réalisé au États-Unis avec 1.000 jeunes de différentes origines sociales, âgés entre 12 et 19 ans, a révélé que presque cinquante pour cent avaient l’habitude d’avoir une activité sexuelle. Plus de vingt pour cent avaient à peine 12 ans. Le psychiatre Dylan Griffiths qui a dirigé la recherche dit : « Les restrictions qu’exercent traditionnellement la famille, l’église et d’autres institutions ont disparu, ce qui laisse les jeunes comme des victimes non protégées. »
Une équipe de chercheurs formée par R. Rector, L. Noyes et K. Johnson ont établi en 2003 une relation directe entre être sexuellement actif, la dépression et l’accroissement des tentatives de suicide. Après avoir fait 6500 entretiens, l’équipe est arrivée à la conclusion que « les jeunes filles qui étaient sexuellement actives avaient plus du triple de probabilités de déprimer que celles qui ne l’étaient pas » alors que les jeunes hommes « avaient plus du double de probabilités ».
Cette étude fait penser que, si cela arrive aux jeunes, où et comment sont les adultes pour traiter ce thème si délicat et vital ?
Le système Biodanza apporte au développement sexuel adulte une activité progressive pédagogique et créative.
Les adultes, instituteurs, professeurs et surtout les parents doivent être responsables d’ouvrir un dialogue naturel organique sexuel avec les enfants, ainsi, en grandissant, les jeunes pourront partager ce dialogue et continuer en privé, construisant son identité sexuelle.
La première fois que j’ai entendu le concept d’affectivité en Biodanza – qui est un état d’affinité profonde envers les autres êtres humains – quelque chose de profond a résonné en moi et m’a incité à poursuivre en approfondissant ce concept. Comme disait Rolando : « notre identité se révèle en présence de l’autre », nous sommes des êtres relationnels et reliés.
Je pars de là pour faire référence à comment nous créons les liens et comment nous nous mettons en relation avec les personnes. Avec chacune d’elles il y a une relation et une communication. Nous, comme les autres, ici et maintenant, sommes responsables d’alimenter un lien sain et adulte qui crée de la tendresse, du respect et de la qualification. Ceci nous permet d’être et de faire avec plus de liberté.
Ce qui nous arrive donc depuis touts petits et au cours de notre croissance tout au long de la vie c’est la réception de messages positifs ou négatifs. Par exemple, des phrases telles que : « Tu peux » ou « Que c’est beau ce que tu as fait ! »
Tous ces messages renforcent l’identité et l’affectivité se potentialise. Dans le cas contraire, quand on a reçu des messages de disqualification comme par exemple, « Quel imbécile tu fais ! », « Tu es un idiot ! » notre identité s’affaiblit ou se déforme.
Combien de fois nous sommes-nous répété ces mots à nous-mêmes ? Comme disait Rolando Toro, la disqualification « est une mort ontologique de l’Etre » et pourquoi je mentionne ceci ? Pour que nous nous rendions compte combien de fois nous entrons dans des circuits toxiques avec nos relations en ayant plus d’un message négatif incorporé en nous.
Ainsi, il est important de prendre conscience de comment nous nous exprimons tant verbalement que gestuellement. Le message du mot comme du geste entre par différents sens qui inhibent ou exalte la possibilité de la construction affective avec nous-mêmes et avec les autres. L’identité est en continue transformation et c’est un pilier fondamental de l’affectivité. Comparons un sourire, un regard doux ou un geste critique, Comment nous influencent-ils ?
Il faut être prudent de la façon dont nous nous exprimons et avancer en redessinant un nouveau circuit de soin, de nutrition, car ce que nous offrons est le produit de ce qui est installé en nous. Personne ne donne quelque chose qu’il ne cultive pour l’autre, et nous entrons dans ces circuits toxiques installés : je donne pour recevoir et je ne donne pas parce qu’ils ne me donnent pas, et nous continuons ainsi en mettant dehors ou chez l’autre. Aucune de ces possibilités ne sont réelles, avec le temps elles tombent de ne pas avoir une construction authentique de lien. Par nécessité et à cause de nos manques, nous générons des relations irrégulières.
L’humilité de nous savoir humains et en apprentissage est une possibilité pour traverser les peurs de nous sentir non aimés et non choisis, Combien de fois nous fermons-nous devant les douleurs et les pertes ? En revenant à écouter notre cœur, en prenant courage, en nous allons nous ouvrir de nouveau, en transformant avec une énergie amoureuse et lumineuse, comme quand nous sommes nés sans contamination.
Rien n’est magique, c’est un chemin d’évolution et de construction permanente, d’engagement personnel et progressif, comme dans tout processus. Par la thérapie (clinique) d’autres techniques thérapeutiques ou spécifiquement de la Biodanza qui nous invite à faire un chemin de rencontre les uns avec les autres, l’affectivité nous sert comme un utérus qui nous ramène à alimenter et nourrir la vie. Elle nous offre la qualification (existence), la protection, le soin et le respect qui est une connexion profonde avec la vie et l’entourage relationnel.
Quand nous parlons de rencontre en Biodanza, cela nous ouvre à la possibilité de récupérer le primordial, le lien affectif, nous apprenons à écouter l’autre et à ce qu’il nous écoute, à avoir du feedback, à être progressif (que notre anxiété ne soient pas le guide), que la réciprocité soit possible.
C’est marcher avec l’autre et les liens affectifs vont se créer, en récupérant l’authenticité, en qualifiant avec soin, en permettant la confiance et un abandon affectif. C’est partager et ne pas être en compétition. Ainsi surgit en nous un être plus authentique et plus vrai qui peut s’exprimer avec liberté et avec amour.
L’affectivité nous donne la possibilité d’exprimer notre identité : penser, sentir et faire intégralement ici et maintenant un chemin d’apprentissage avec nous-mêmes et avec les autres.
L’amour alimente l’évolution de la vie et en prend soin, c’est un chemin sain.
L’humanité a toujours utilisé des rituels pour marquer le passage des étapes de la vie. Un des rituels les plus significatifs est le passage initiatique de l’enfance au monde adulte.
Ce type de rituel marque un changement dans la façon d’être au monde. Selon Campbell, le simple fait que des changements physiologiques arrivent à la puberté n'est pas suffisant pour que nous changions d’attitudes et de comportements. Le rituel vient comme une porte symbolique qui communique à l’inconscient individuel et à la communauté où vit l’initié que, dorénavant, l’enfant n’existe plus et que l’adulte naît. De cette façon, il y a un repositionnement de l’initié face à la vie et dans sa communauté.
Les rituels initiatiques ont changé tout au long de l’histoire, selon les facteurs culturels et religieux. Actuellement, ce qui se passe, c’est un processus vide de sens et même une absence de ce type de manifestation. Les habitants des grands centres urbains deviennent des êtres anonymes dans la multitude. Bien qu’ils vivent proches de milliards de personnes, la vivencia communautaire tend à se réduire au petit noyau familial ou même à ne plus exister dans le sens de se sentir partie d’un groupe, d’être reconnus et considérés comme tel. Ce phénomène a réduit l’occasion de vivre des rituels de passage.
Nous pouvons dire qu’il existe des manifestations qui restent comme le bal des débutants ou des diplômés, mais qui tendent à perdre leur signification initiatique au fur et à mesure qu’elles deviennent superficielles par des comportements stéréotypés. Le participant n’a pas conscience des pas qu’il fait et finit par s’orienter de l’extérieur vers l’intérieur, obéissant souvent à des modèles de consommation.
Selon Campbell, l’immaturité émotionnelle qui provoque des sentiments de dépression et de solitude, l’adolescence toujours plus longue et la difficulté qui en résulte de créer des interactions entre les hommes et les femmes, sont dus en grande partie à ces rituels vides de sens dans notre société.
Biodanza et sexualité des genres Un des aspects intéressants, spécifique à la Biodanza, quand on travaille sur la ligne de la sexualité, est la relation des genres, soit de la masculinité et de la féminité. C’est un travail essentiellement profond, de récupération des racines archétypiques des rituels de passage spécifiques aux hommes et aux femmes. Ceci ne veut pas dire que l’on cherche à reproduire des rituels initiatiques de cultures anciennes qui se basaient en grande partie sur la souffrance de l’initié.
En Biodanza ont été créées des vivencias spécifiques, capables d’amener la signification du passage à un niveau vivencial. Le travail se base sur deux « maisons » (espaces vivenciaux). La « maison » des hommes et la « maison » des femmes. Ce sont des dimensions archétypiques propres à chaque genre, mais elles sont reliées. Dans chaque « maison », il y a des propositions de vivencia, des partages d’expérience et de sentiments, et des clarifications de doutes qui s’expriment par rapport au genre de sa propre maison. C’est, avant tout, un espace de partage entre égaux, se connaître soi-même à partir de l’expérience semblable de tous. Un espace vivencial de connaissance, valorisation et célébration de ses propres caractéristiques.
Dans un deuxième temps, il existe des processus d’union des deux « maisons ». Des vivencias de reconnaissance, de respect et d’enchantement pour la différence. Il ne s’agit pas ici de tolérer ou d’ignorer les différences entre les sexes. La Biodanza, dans son travail sur les genres, reconnaît les hommes et les femmes comme des êtres d’une même espèce qui ont de profondes différences. Le travail des « maisons » est tourné vers la reconnaissance de cette différence, la recherche d’une valeur essentielle de son propre genre et la reconnaissance de la valeur du différent. Il ne s’agit pas de comparer ou de mesurer les valeurs, mais bien de reconnaître et valoriser une essence complémentaire.
Il y a des choses que nous ne pouvons découvrir sur nous que dans l’interaction avec des personnes de notre propre genre. Il existe des choses que nous ne pouvons comprendre que dans l’interaction avec des personnes du genre complémentaire.
La participation aux maisons ne dépend pas de l’identité sexuelle des participants. Ceci veut dire que le genre ne change pas du fait qu’une personne vive sa sexualité de façon homo ou hétéro érotique. La participation aux rituels initiatiques est importantes pour toutes les personnes, indépendamment de comment elles vivent leur érotisme. De fait, la singularité des expériences de vie de chaque participant aux « maisons » nous montre que, être un homme ou être une femme, n’est pas quelque chose basé sur des comportements stéréotypés. Au contraire, cela nous parle d’un mystère profond qui se découvre petit à petit, avec respect, patience et amour. La subtilité du travail n’est pas de montrer comment une personne doit se comporter, mais bien d’établir un contact beau, délicat et affectueux avec soi-même à partir d’une aussi belle, délicate et affectueuse relation avec l’autre. Il n’existe pas de modèles de comportement pour les hommes et les femmes, mais bien une essence qui se révèle quand nous sommes disponibles et osons créer une dimension réelle dans notre vie pour que nous puissions nous reconnaître.
Bibliographie
CAMPBELL, Joseph. Le héros aux mille et un visages. Paris, Robert Laffont, 1992. PINKOLA ESTÉS, Clarissa. Femmes qui courent avec les loups. Paris, Grasset, 1992 PERERA, Sylvia. Caminhos para a iniciação ao feminino. São Paulo: Paulinas, 1985.
L’art de vivre en santé
Art: du latin ars. C’est le concept qui englobe toutes les créations réalisées par l’être humain.
Pour exprimer une vision sensible du monde, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Par des idées, des émotions, des perceptions, des sensations.
Il utilise des ressources plastiques, linguistiques, du mouvement et des sons.
En parlant de paradigmes, nous nous référons à un point de départ. Dans ce cas, le point de départ est l’humain, appelé anthropocentrique et il y en a un autre centré sur la vie, appelé biocentrique.
Les deux ont des connotations différentes
Paradigme anthropocentrique
Nous ramène à notre histoire et nos conditions sociales. Ce paradigme nous conduit par trois chemins : maladie, mort et folie.
Dans les sciences sociales, la pathologie est la matière d’étude important et son diagnostic ; dans une spirale descendante se forme un cercle vicieux.
Paradigme biocentrique
Nous entrons dans le monde des forces et des événements qui appartiennent à la VIE. Elle nous révèle des valeurs, une grandeur, une beauté, une joie, une confiance. La Biodanza développe le principe biocentrique en cinq lignes de vivencia : vitalité, sexualité, créativité, affectivité et transcendance. Dans une spirale ascendante qui forme un cercle vertueux.
Ce voyage est ici et ici et consiste en la certitude de trouver la beauté dans ton regard.
La vie est quelque chose de chaud, musical, magnétique qui cherche le contact.
C’est un foyer susurrant, un feu qui résonne et la résonance de vivre atteint tous les degrés du diapason. (Artaud).
La Biodanza est l’Ars Magna, l’art suprême, où la santé est une expression d’origine cosmique.
En neurosciences, il se confirme que la fonction de guérison se fait en se réinventant nous-même.
Les personnes cultivent souvent des pensées de peur, de haine, de culpabilité, de mépris, de ressentiments, sentent la menace d’être rejetées, humiliées, critiquées.
Leurs propres pensées génèrent un état d’alarme qui active le système nerveux sympathique (S.N.S.) et inactive le système nerveux parasympathique (S.N.P), comme si un grave danger menaçait de l’extérieur en activant les mêmes mécanismes que si celle-ci existait vraiment.
Cette activation du S.N.S., est destinée à se mettre en marche pour protéger la vie pendant quelques minutes. Par ses propres pensées, ce mécanisme devient chronique pendant des années.
L’effet de cette dérégulation entre le S.N.S et le S.N.P. génère, entre autres, une plus haute tension du myocarde et du muscle diaphragmatique, avec une diminution de la pulsation cardiaque et de l’échange gazeux avec les poumons.
La conséquence est une diminution de l’oxygène dans le sang (le premier et plus important nutriment) et une augmentation des toxines, générant un milieu interne acide (environnement propice à la maladie), ainsi qu’une hypertension artérielle, une baisse du système immunitaire, une diminution du mouvement péristaltique et une diminution de la production de sucs digestifs avec une augmentation de l’acide chlorhydrique et un processus de putréfaction intestinale, une baisse de l’instinct sexuel avec une diminution de la sérotonine dans le sang, neurotransmetteur de la joie, du bien-être et du désir, et de l’ocytocine, appelée le neurotransmetteur de la rencontre entre les personnes sécrété tant chez les hommes que chez les femmes.
Au niveau neurologique il y a une activation des amygdales cérébrales dont la fonction est liée à la mémoire traumatique et une activation des systèmes d’alarme avec une libération de cortisol, générant l’usure de tout l’organisme. Il y a aussi une diminution de l’irrigation sanguine du cortex préfrontal, lié à la création, la concrétisation, la perception, au succès de la réalisation de sa propre réalité à partir de l’identité.
Cet état d’alarme veut préserver le MOI qui se sent en danger, alors que vu de l’extérieur il ne l’est pas vraiment.
L’être humain est grégaire par nature, la séparation de l’autre, de ses pairs, génère au niveau génétique un raccourcissement du télomère et une diminution de l’enzyme télomérase, éléments qui contribuent au processus de division et de régénération cellulaire. Ils favorisent la neuroplasticité et la neurogenèse, essentiels dans le rajeunissement de tout l’organisme et dans la réparation et création de nouvelles structures neurologiques.
Au niveau des hémisphères cérébraux il y a une latéralisation.
Comme la coopération, l’affect avec le prochain se sont interrompus, un des deux hémisphères prédomine sur l’autre.
Soit le gauche et l’individu n’exprime qu’une pensée linéaire, logique, mathématique et ne sait pas rêver ; soit c’est un rêveur, un poète, qui ne peut construire et partager ses rêves.
Le mental conditionné, analytique cherche un statut, une importance, une reconnaissance, une rivalité, se lamente sur le passé, se préoccupe du futur, il rumine.
Ce désordre (exposé ici brièvement résumé) se traduit en maladies de tout type, tant mental qu’organique.
Le batailles se livrent à l’extérieur, les guerres se gagnent à l’intérieur. Je ne vois pas le monde comme il est, je vois le monde que je suis.
Il y a 500 ans les gens voyaient la terre plate. Il y eut un fou qui a voulu aller au-delà de l’horizon et a ému le monde en confirmant sa perception et que la terre était ronde.
La réalité est le fruit de ce que nous percevons et nous pousse à explorer. La seule chose qui me donne de la sécurité est la VIE.
Quand je suis la vie, il y a des portes qui s’ouvrent.
En Biodanza, le principe biocentrique est un paradigme qui génère un nouvel ordre au travers de modèles vitaux : autorégulation entre le S.N.S et le S.N.P., rencontre avec le groupe, confiance, transe et régression, danses intégrantes, musiques intégrantes, vivencias intégrantes, joie, caresses, étreintes, poésie, art.
Nous allumons les ébauches de créativités, les restes d’enthousiasme, la nécessité réprimée de l’amour.
Le monde dans lequel nous vivons est le monde que nous formons et non un monde que nous rencontrons (H. Maturana).
Notre corps est biologiquement structuré pour le plaisir, non pour l’efficacité (A. Lowen).
Les choses ne se passent pas hors des êtres, mais en elles (H. Maturana=.
Nous réinventer demande de la motivation, de la détermination, de la persévérance.
Je souhaite faire référence brièvement à d’autres facteurs fondamentaux en ARS MAGNA.
Activité physique
Liée au cerveau reptilien et à l’hypothalamus, centre neurologique de l’autorégulation homéostatique au niveau des fluides organiques. Il maintient l’équilibre entre acidité et alcalinité (milieu interne)
Utilisation du langage
Avec la parole, nous construisons les réalités.
Selon le principe biocentrique, nous construisons des relations entre vous et moi, avec des mots qualifiants qui illuminent notre grandeur, notre beauté, avec un langage poétique, avec des silences et une écoute affective qui créent l’espace de la rencontre.
En conversant, nous construisons notre réalité avec l’autre.
Ce n’est pas une chose abstraite. La conversation est une façon particulière de vivre ensemble en coordonnant l’action et l’émotion.
Ainsi, la conversation construit les réalités.
En agissant dans le langage, notre physiologie change.
Ainsi, nous pouvons blesser ou caresser avec les mots.
Dans cet espace relationnel, on peut vivre dans l’exigence ou l’harmonie avec les autres ; soit vivre dans le bien-être esthétique d’une co-vivance harmonieuse, soit dans la souffrance de l’exigence négatrice continue. (H. Maturana).
Nutrition alimentaire
L’instinct alimentaire a la sagesse de l’espèce.
L’industrie alimentaire a fait taire un instinct qui, chez chacun, permet d’accueillir l’apport des nutriments nécessaires : oxygène, vitamines, enzymes, oligo-éléments comme le fer, le calcium, le magnésium, l’iode, etc., l’eau.
La nature nous fournit ces nutriments dans les graines, les fruits et les légumes de la terre et de l’eau.
Un retour à la nature et à son système écologique est impératif pour que nous trouvions en elles les nutriments complémentaires à notre structure physique et mentale, à notre âge, à notre état de santé, à notre identité, etc….
Que l’aliment soit ton médicament.
Que ton médicament soit ton aliment (Hippocrate)
La consigne est : Ordre, Propreté, Déparasitage, Nutrition.
Ma proposition, en tant que médecin, est que l’Ars Magna se développe dans un espace pédagogique de réapprentissage des fonctions originaires de vie, dans une éducation permanente.
Faisons-le ensemble.
La vie est en nos mains.
« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, parce qu’ils seront rassasiés ». (Mathieu, 5 : 8)
La transcendance est l’instinct de fusion avec la totalité, le fait de d’abandonner à l’utérus cosmique.
Nous ne faisons pas référence à « l’au-delà » mais à la sensation d’harmonie existentielle intense et la participation écologique entière qu’on peut expérimenter dans les moments subtils de la vie quotidienne »
Rolando Toro Araneda
Djamuid O’Murchu, dans son livre Théologie Quantique, affirme que la danse est née comme un moyen primaire de donner du sens et une signification à la vie. C’est la première et la plus ancienne forme de religion. En termes anthropologique et évolutifs, toute danse est sacrée.
Pendant des milliers d’années, avant le développement de la religion formelle, les humains ne faisaient pas la distinction entre sacré et profane. À son origine et pendant son évolution, la danse est fondamentalement spirituelle, sa fonction première innée est de faciliter le contact avec le divin.
Selon l’ethnologue Joachim Wach, à son origine, la danse était un moyen d’affirmer la cohésion du groupe dans sa communion avec la nature, avec les ancêtres et avec la source de la vie. Elle s’expérimentait toutefois comme une totalité et non dans une forme rigide et fixe mais comme un conglomérat de mouvement et d’énergie, souvent chaotique, mais caractérisé fondamentalement par un rythme, un modèle et une interconnexion.
Ainsi, beaucoup de grandes expériences de danses dans la préhistoire furent liées à la chasse, au changement des saisons, à des moments de transition dans la vie humaine (naissance, mort, rites de passage) et à des événements de la nature (pluies, tempêtes, sécheresses).
La danse était une expérience de l’imagination créative, un moment de transformation humaine/divine, une connexion temporelle/spatiale avec la force de vie créative que, des milliers d’années plus tard la religion formelle a appelé « Dieu ».
La ligne de transcendance, en Biodanza, est celle qui surgit du lien avec tout ce qui existe. Elle ne consiste pas seulement à s’éloigner du lieu de l’ego pour entrer en empathie avec les autres, mais aussi à se dépouiller de celui-ci pour se sentir parie de la totalité. Le chemin plus assertif pour cela est le lien et l’harmonie avec la nature.
On pourrait se demander quel type de nature peut se trouver dans une salle où se déroulent les séances de Biodanza en pleine ville. Une réponse possible est de reconnaître que nous, êtres humains, sommes la nature.
La sensation par excellence de la ligne de transcendance est ces moments où l’on sent que tout est en ordre, ce sont des instants de grande clarté et d’harmonie. L’important est comment chacun se place dans l’univers pour le percevoir.
Quand nous entrons dans une forêt et percevons beaucoup plus qu’un groupe d’arbres et leur utilité pour construire des maisons ou des objets, quand nous nous laissons pénétrer par leur présence profonde, leur odeur, leur place dans l’univers, nous entrons en contact avec l’essence qui est liée à tout ce qui existe.
Alors surgit une profonde sensation de gratitude que tant les arbres que nous-mêmes soyons vivants.
Il n’est pas nécessaire que quelque chose de spécial se produise car c’est une perception particulière, un état d’extase.
L’extase implique la sensation d’être intensément vivant, c’est quelque chose qui arrive peu de fois dans la vie. Il s’agit d’une vivencia d’embellissement, enchantement, plaisir profond et bonheur qui peut être associées à différentes expériences humaines : le chemin mystique, la sexualité, la danse, la poésie, la musique, le contact avec la nature, la création artistique et scientifique, les voyages, la communion affective dans les liens profonds comme une mère et son enfant et aussi l’amitié intime.
L’extase va toujours de pair avec la passion, mot qui génère de grandes polémiques car beaucoup utilisé et avec de nombreuses significations, souvent opposées. Dans notre culture, être passionné est merveilleux et nous pensons cependant également que «se laisser emporter» par les passions est un peu dangereux.
Il semblerait que le chemin de l’extase c’est marcher passionné et ne pas attendre l’extase à la fin du chemin.
Transcender l’ego
La vivencia de transcendance englobe la capacité de fusion dans le lien avec les autres et avec la nature, c’est sentir qu’on fait partie de la création, que rien n’est séparé, que tout est en relation. C’est une expérience très intense.
Ce qu’il faut savoir est qu’on ne peut pas être dans cet état tout le temps. Pour traverser la route, conduire ou faire des courses, il faut avoir les sens en éveil et un état mental d’alerte.
La dimension de la transcendance est bien plus réprimée ou niée que la sexualité, il est plus couteux d’avoir accès à la vivencia transcendante qu’à l’érotisme, parfois parce qu’on la perçoit comme « optionnelle ». Ce niveau d’expérience que l’on cherche dans les états mystiques, avec de profonds changements dans le niveau de conscience, demande une énergie à laquelle nous ne sommes pas tous préparés. La progressivité est donc fondamentale, c’est le facteur qui va permettre d’assimiler pas à pas les nouvelles vivencias.
Beaucoup de difficultés avec la sexualité ont leur racine dans la transcendance parce que, en définitive, l’orgasme est une expérience transcendante, d’abandon, de perte de contrôle. Cela remplit de panique ceux qui sont accrochés à l’ego.
Il y a quelques années, nous avons reçu une participante amenée par sa psychothérapeute à cause d’un vaginisme sévère. Elle est arrivée à la séance avec beaucoup de préoccupations pour ce thème qui mettait en péril sa vie de couple. Elle aimait profondément son époux et désirait une relation satisfaisante avec lui et pourtant elle ne semblait n’avoir aucune possibilité de plaisir sexuel.
Dans notre travail sur la ligne de la transcendance, nous faisons des exercices qui demandent beaucoup d’abandon et de lâcher-prise, qui permettent de perdre l’ego, « d’abandonner » la tête, de sentir, avoir confiance, se connecter avec soi-même et avec l’univers et d’expérimenter une expansion de conscience.
Bien qu’avec cette participante nous n’ayons pas fait une approche centrée sur la ligne de la sexualité, elle a, en peu de temps, expérimenté une sensation d’abandon et de lâcher-prise qui lui a permis de vivre sa sexualité d’une façon totalement nouvelle pour elle, de façon relâchée et réceptive. En peu de séances, elle réussit à supprimer son vaginisme.
Ceci résume également le fait que la séance de Biodanza est un laboratoire dans lequel s’élabore une problématique à partir d’une vivencia réelle, mais dépouillée du contexte conflictuel.
Si, avec la participant, dans cet exemple, nous avions abordé le thème à partir de la sexualité, nous nous serions uniquement centrés sur le problème et peut-être que celui-ci ce serait approfondi au lieu de se résoudre d’une façon plus détendue et affective à la fois. C’est le cas dans de nombreuses spécialités médicales ou thérapeutiques qui optent de focaliser sur le problème, de le mesurer, de faire des études et de lui donner une importance qui donne des résultats qui vont à l’encontre de l’objectif essentiel de guérison.
Le bénéfice fondamental de notre pratique, au contraire, est de focaliser sur la santé et de potentialiser ce qui fonctionne normalement, ce qui se traduit par un effet thérapeutique sur ce qui dysfonctionne.
Nous sommes, même avant de naître
Dans la ligne de transcendance, il y a un exercice très significatif qui consiste en la connexion profonde avec les ancêtres.
Nous somme l’identité d’aujourd’hui grâce à de nombreux êtres qui sont passés par la vie et qui, dans leur grande majorité, ne sont plus là mais font partie de notre mémoire et de notre histoire cellulaire. Nous entrons dans une connexion profonde avec notre passé qui forme notre être aujourd’hui.
Le passage du temps nous donne une autre dimension de notre transcendance : nous sommes tellement passagers que notre vie dans l’univers n’est qu’un très bref instant. L’idée du culte à nos ancêtres est une connexion profonde avec soi-même. Nous nous élevons vers les étoiles, vers l’infini, l’univers, vers l’inconnu et vers l’arrière, vers le passé, en entrant en connexion profonde avec ces êtres, dont nombre d’entre eux nous sont inconnus et qui font partie de notre présent, notre histoire et notre être.
En plus d’avoir des ancêtres humains et animaux, plus loin dans le temps, nous avons des ancêtres cosmiques. Comme l’affirmait Carl Sagan « nous sommes des poussières d’étoile », dans le sens le plus littéral du terme. Le calcium de nos os provient d’étoiles de seconde génération, comme le fer de notre sang.
Cette approche donne une grand ouverture à notre identité et est un insight qui nous conduit à l’expérience de totalité (pour certains, la divinité).
En Biodanza, nous savons que la clé pour accéder à l’expérience transcendante est en nous, de sorte qu’il n’y a pas d’anxiété mais de la confiance dans le fait que nous ayons la capacité de l’appeler et de la partager en approfondissant le lien avec nous-même, avec les autres et avec tout ce qui existe.
Par la peau s’apprend l’amour
Ce fut la rencontre avec la Biodanza qui a enrichi de significations humaines profondes mes recherches sur la Communication et le Contact, en m’offrant l’espoir de pouvoir parcourir des chemins salutaires de connexions avec la Vie.
L’histoire de chaque existence est un réseau de liens dont le plus fort doit être celui avec la Vie elle-même.
Ceci se passe, et il ne pourrait en être autrement, « sur notre peau ».
« Notre peau est le seuil d’un mystère merveilleux » dit Rolando Toro, ce sont les limites corporelles qui nous mettent en communication avec les autres et avec l’univers.
Dans la méthodologie de la Biodanza, il existe des instruments concrets pour remplir le besoin urgent de vitaliser l’acte instinctif de lien entre celui qui donne et celui qui reçoit.
« C’est par la peau que nous devenons des êtres humains capables d’aimer, on n’apprend pas à aimer ses livres, mais en étant aimé » écrit Ashley Montagu.
C’est ainsi. C’est justement par la peau que dès la naissance, nous percevons l’état d’âme de celui qui s’occupe de nous, comment la mère reçoit notre état d’humeur lorsque avec une énorme spontanéité instinctive nous recherchons la chaleur, nous tétons, nous réclamons à manger et de l’attention.
Dès l’enfance, nous aimons nos parents en aimant leur corps que nous touchons et que nous recherchons avec plaisir.
Et à l’âge adulte, est-ce parce que nous courons persécutés par le rythme frénétique du faire, que nous n’aspirons peut-être pas à l’étreinte réconfortante de celui que nous aimons ? Nous avons une nostalgie constante de mains douces et chaudes qui se posent sur notre peau et nous caresses avec dévouement.
Après tant d’années de travail avec des personnes qui m’ont demandé des soins et des massages, je suis arrivée à la conclusion que même le plus fermé et le plus hostile des êtres humains poursuit intimement le même besoin : toucher et être touché avec soin, caresser et être caressé avec amour.
Et celui qui feint le contraire ou soutient qu’il peut vivre sans affect et sans contact en a encore plus besoin.
Quand nous ressentons la fatigue ou une désillusion, quand nous sommes touchés par une disgrâce, nous sentons instinctivement le besoin de nous jeter dans les bras de quelqu’un pour qu’il nous console et s’occupe de nous.
Et quand nous avons peur ? Presque toujours prendre la main d’une personne en état de stress a un effet calmant, réduisant l’anxiété et procurant un plus grand sentiment de sécurité.
Comment est-il possible que la stimulation tactile, sous forme de caresses, de réconfort, d’étreinte et de bercement réussisse à produire des effets si efficaces sur les individus émotionnellement troublés ?
Et comment est-il possible que, dans notre vie quotidienne, familiale, de couple, dans l’amitié et aussi dans les relations de travail, un contact physique agréable représente une source naturelle et organique de bien-être, de joie, de gratitude et de plaisir de vivre ?
La réponse est très simple : recevoir un contact affectueux dès les premiers jours de vie et savoir en grandissant communiquer naturellement et facilement avec le contact corporel est une expérience fondamentale et nécessaire pour le développement comportemental sain de l’individu.
Un contact corporel réconfortant nous rend sûr et donne confiance en nous et dans la vie.
Ce qui nous met en relation avec le monde est la communication tactile.
Nous pouvons voir, écouter, penser à quelque chose, mais c’est par le toucher que ce quelque chose entre pour faire partie de notre expérience de vie.
Les comportements de contact
Il existe autant de différences culturelles dans les comportements de contact qu’il y a de pays dans le monde. Ils occupent tout l’arc des possibles du manque total de contact jusqu’à sa pleine expression.
A l’intérieur de la même culture, cependant, nous pouvons trouver des familles avec des comportements de contact minimum et d’autres dans lequel il est une partie très importante de la vie, où on s’étreint, on se caresse, on s’embrasse si fréquemment qu’on est étonné par ceux qui n’ont pas cette habitude.
Le contact corporel est une RÉPONSE INSTINCTIVE et le monde animal nous enseigne tellement à ce sujet : presque tous les animaux aiment être caressés ou reçoivent des stimulations tactiles.
Tous les mammifères touchent leur propres petits, habituellement en les léchant du sommet de la tête jusqu’à la pointe de la queue, dans une période proche de la naissance. Cet acte correspond au besoin physiologique d’activer les fonctions intestinales.
Il est éloquent de voir la façon dont les petits recherchent le contact : ils ont besoin de se blottir et de se recroqueviller en adhérent au corps de la mère et des frères et sœurs. C’est par ce contact qu’ils apprennent les comportements vitaux.
Si pour les animaux il est suffisant de recevoir des stimulations tactiles, pour les êtres humains le contact corporel doit avoir une composante fondamentale : « la tendresse ».
Les gestes qui permettent au nouveau-né de grandir sainement et en sécurité, doux et fort sont les gestes les plus antiques de soins et de donner et recevoir de l’affect : bercer, étreindre, caresser, embrasser, être proches, se regarder.
La satisfaction de cette exigence, même chez les adultes, sert à donner à l’individu la sécurité dont il a besoin, la conviction d’être désiré et estimé et ainsi engagé et renforcé dans sa relation aux autres.
Et le premier contact fondamental est avec la mère.
Les individus gênés dans leurs rapports avec les autres, maladroits et peu sûrs dans leurs contacts corporels, dans le fait de se prendre par les mains, dans l’étreinte, dans la caresse, dans n’importe quelle démonstration tactile d’affect, et même toutes, le sont principalement parce que leur a manqué le contact corporel affectif gratifiant de la mère.
Une relation se tisse donc sur une trame de réciprocité : le plaisir du contact corporel gratifie et satisfait tant la mère que l’enfant.
La relation entre l’amour et le développement
C’est dès les premiers moments et ensuite pour toute la vie que la dimension de la communication humaine peut atteindre un degré d’intégration très élevé dans l’échelle des valeurs humaines quand nous manifestons la capacité d’un contact chaud et accueillant : un contact affectif.
Un contexte environnemental qui assure une qualité de réciprocité et de sincérité affective nous permet d’exprimer et de développer des comportements spontanés, le naturel dans le contact, le plaisir corporel et l’accueil.
Qu’est-ce qui se passe quand cela n’arrive pas ?
René Spitz a accompli une recherche scientifique soignée sur les effets neurophysiologiques du contact et de la caresse en observant des enfants dans des conditions de privation : enfants hospitalisés ou orphelins.
Ses recherches représentent une révolution dans la pédiatrie parce qu’il a découvert que les caresses, les soins et la transmission de la sécurité, par exemple en tenant le bébé dans les bras, pendant les premiers mois de vie sont des facteurs de développement.
Les enfants qui ne reçoivent pas d’amour dans cette première étape de vie n’arrivent pas à établir une liaison adéquate entre le cortex et le diencéphale, de façon à pouvoir expérimenter la relation entre le monde extérieur et le monde intérieur, émotionnel et viscéral.
La majeure partie des enfants des grandes villes présentent des troubles du caractère et des crises du développement.
On a observé, dans les sessions pour enfants, que la Biodanza élève leur niveau général de santé. Les problèmes les plus fréquemment observés dans les groupes de travail sont : timidité, anxiété, tendances agressives, hyperkinésie et autres troubles moteurs.
Les enfants qui ont des carences d’affect maternel ou de la personne qui prend soin d’eux ont un retard de croissance et souffrent de dommages irréversibles au niveau moteur, affectif, du langage et du développement intellectuel.
Spitz a trouvé auprès des orphelins le phénomène de marasme infantile et de la mort par dépression anaclitique. Jusqu’à 60% des enfants institutionnalisés qui ne reçoivent pas d’amour, meurent avant deux ans, bien qu’ils soient bien alimentés et reçoivent les soins d’hygiène et cliniques indispensables.
Le besoin de contact a son origine dans l’embryon humain
Même les recherches sur la formation de la vie dans la période intra-utérine ont amené à comprendre combien le besoin émotif de contact est un besoin fondamental de l’être humain. Ceci a des bases solides déjà dans le développement embryologique du fœtus.
Suivons le processus de formation du fœtus.
L’étincelle qui allume une nouvelle vie humaine provient d’un contact : un contact sensuel entre une homme et une femme amoureux qui se prolonge dans la fusion interne entre un ovule et un spermatozoïde.
Une fois formée, la cellule se scinde rapidement et en l’espace d’un mois elle s’est transformée en embryon humain.
Observons que le système nerveux (troisième semaine de vie), comme la peau (sixième semaine de vie) sont formés du même feuillet embryonnaire : l’ectoderme.
De l’ectoderme naît (troisième semaine) le canal neural, ébauche du système nerveux, duquel se développent une série d’autres ébauches nerveuses, chacune desquelles allant innerver un segment analogue cutané, musculaire, vasculaire, de connexion et viscéral.
En laboratoire, on a découvert l’énorme sensibilité que la stimulation tactile génère chez le fœtus : « Quand l’embryon est à peine trois centimètre de long et n’a même pas huit semaine, un léger effleurement sur la lèvre supérieure ou sur les ailes du nez du petit être provoque l’arc-boutement du cou et du tronc pour éviter la source de la stimulation (Montagu : La peau et le toucher).
Nous observons ainsi que le sens le plus étroitement associé à la peau, le sens du TOUCHER, est le premier à se développer chez l’embryon humain, c’est notre premier moyen de communication.
Le premier contact se passe dans l’utérus
En continuant, nous trouvons l’embryon, encore très petit dans la cavité utérine, immergé dans le liquide amniotique, sans jamais toucher les parois de l’utérus, qui reçoit une stimulation tactile légère.
Dans cette première phase de vie intra-utérine, l’embryon expérimente un hydro-massage doux et continuel, qui ne s’arrête même pas la nuit, avec sa respiration lente et rythmique qui le berce doucement.
Dès le deuxième mois de grossesse et suivants, l’embryon, parce qu’il grandit plus rapidement dans la cavité utérine, la remplit peu à peu complètement et, vers le huitième mois, la stimulation tactile n’est plus produite par l’eau mais des parois musculaires souples de l’utérus.
Et l’hydromassage se transformer en un véritable massage en soi : rythmique, profond et enveloppant.
C’est par la peau, avant de naître, que nous sentons exister quelque chose extérieur à nous, acquérant un sens primitif de soi.
Dans le dernier mois de la grossesse, apparaissent les premières contractions, indolores pour la femme, qui habituent le fœtus aux douleurs dont l’intensité sera dix fois supérieure. Pour le moment, ce ne sont encore que des caresses.
Avec cette progressivité dans le toucher, le développement de notre perception tactile augmente, la peau se rappellera pour toujours de ces fortes expériences prénatales qui sont déterminantes pour le futur « sain » de l’enfant et de l’adulte.
Selon les principes de l’embryologie, une fonction vitale est d’autant plus importante qu’elle se développe précocement.
L’organe de la peau et le sens du toucher étant parmi les premiers à se former chez l’embryon, nous pouvons comprendre, également d’un point de vue neurophysiologique, combien la fonction du contact est un besoin primaire de l’être humain.
De la vie prénatale à la vie post-natale
Les expériences de chaleur, de contact et de protection qui se sont imprimées sur notre peau pendant la vie prénatale doivent trouver une continuité, également dans la vie post-natale, afin que le nouveau-né se développe et devienne un enfant et un adulte sain et équilibré.
Différentes expériences scientifiques sur le besoin vital du contact ont démontré combien « le toucher et l’être touché » sont importants pour l’être humain.
Souvenons-nous des expériences de Harlow (avec les bébés singes, mère de métal et mère en tissu), de Levine (rats caressés et non caressés), de Spitz (la carence affective interfère dans la récupération de l’enfance abandonnée, indépendamment de l’efficacité des méthodes de soin), Margareth Ribble (a mis en évidence trois types de stimulations sensorielles : le contact tactile, le mouvement cénesthésique, le chant) et de nombreux autres chercheurs qui ont révélé comment le manque de contact cutané, spécialement dans la première année de vie, est déterminante pour la formation de personnes malades.
Le problème de l’eczéma infantile, par exemple, est en ce sens très significatif.
La carence affective, le manque de « toucher » rend les nouveau-nés sujets aux affections type
« croûte de lait » ou d’autres maladies cutanées.
Les psycho-dermatologues insistent sur l’importance de recevoir plus de contact physique pour arriver à vaincre certaines dermatoses.
Concernant le manque de « contact » émotionnel entre l’enfant et sa mère, ce qu’affirme Rof Carballo est intéressant : « L’enfant a de l’eczéma par manque de caresses, c’est-à-dire par manque de quelque chose qui ne semblerait pas avoir de sens biologique. Mais en réalité, la Caresse, le contact avec les mains de la mère, avec la peau de l’enfant est une des attitudes les plus importantes par laquelle le « cerveau interne » maternel se lie au « cerveau interne » infantile.
L’absence de contact cutané réel n’est pas seulement un signal de l’absence de contact affectif, mais aussi d’un trouble authentique de la symbiose mère-enfant. »
Biodanza : le continuum du premier contact
« Changer le concept de contact en caresse est une évolution culturelle »
Rolando Toro
Il est important de comprendre que le contact en soi, un contact mécanique, n’est pas thérapeutique. Il doit se faire dans une approche affective, dans un processus progressif de communication et d’empathie.
Pour la Biodanza, proposer des exercices de contact et de caresses est la réponse à un besoin authentique de protection et d’accueil dans l’échange réciproque de plaisir et d’acceptation.
Le contact doit atteindre la qualité de Caresse : un geste plein d’attention, réalisé dans l’écoute des demandes réciproques, avec la capacité d’agir en feedback avec l’autre ;
La méthodologie de la Biodanza est attentive au continuum, elle propose une approche sensible, dans un climat affectueux, dans lequel la progressivité est « prendre soin de l’autre », de l’expression de son Être.
C’est là que s’accomplit un saut d’une grande Intégration, par l’affectivité ; là s’accomplit l’acte instinctif de lien humain entre celui qui donne et celui qui reçoit.
Si nous n’avons pas reçu un bon contact, nous ne pouvons pas le communiquer, nous devons retrouver la caresse, remplir le manque, sinon nous laissons l’espace à des comportements de victimes ou violents, qui ne sont que la réponse au manque.
Quand elles s’expriment avec émotions, cœur et empathie, nos mains, dans le contact, deviennent « parlantes ».
Les vivencias de Biodanza génèrent un toucher affectif et délicat, la caresse est un toucher qui crée des situations poétiques et expressives de grande intensité.
Leboyer, grand innovateur de la pédiatrie mondiale, a magistralement décrit comment un enfant a besoin de toucher : « Par le contact des mains, l’enfant capte tout : la nervosité ou la tranquillité, l’incertitude ou la sécurité, la tendresse ou la violence. Il sait si les mains le désirent. Ou si elles sont distraites. Ou, ce qui est pire, si elles le rejettent.
Devant des mains empressées, affectueuses, l’enfant s’abandonne, s’ouvre. Devant des mains rudes, hostiles, il s’isole, se cache, se ferme…
Quelles sont les mains qui doivent soutenir l’enfant ? Des mains légères, non autoritaire. Qui ne ferment rien. Qui « sont » simplement là. Légère mais pleine de tendresse. Et de silence » (Pour une naissance sans violence).
La caresse : clé d’un contact harmonieux
Le contact des mains, des bras, les caresses parlent un langage authentique, vivant, sans aucune sorte de tricherie dans la découverte réciproque.
Lorsque la paume de la main se pose sur la peau et caresse doucement, elle crée un « petit berceau ».
Leleu, dans le « Traité des caresses » nous donne une large description : « Bien plus qu’un plaisir, la caresse a un langage propre et vrai. Les êtres communiquent avec la voix et le regard, mais quand ils sentent le désir d’approfondir un rapport, ses sens ne suffisent plus. Ce n’est qu’avec le contact qu’on a la preuve tangible, palpable de la proximité, de la communication ; on a la sensation d’être vivants, d’être désirés ».
Les effets de la caresse
La caresse est ainsi un des instruments fondamental en Biodanza.
Elle induit des transformations au niveau organique et existentiel: donner et recevoir des caresses a le même pouvoir que certains médicaments parce que cela active dans les cellules le processus de production d'endorphines et d'hormones: c'est comme un toucher « magique » qui améliore beaucoup de choses, y compris la rapidité de cicatrisation et de sédimentation.
Un des effets les plus importants de la caresse est la transformation des LIMITES CORPORELLES.
Sensibiliser la peau signifie sensibiliser notre Identité, nous-mêmes.
Le sexologue Wilhelm Reich a parlé de « cuirasses caractérielles » en décrivant les défenses qui se concrétisent en rigidité et que notre organisme crée quand nous n'exprimons pas ce que nous ressentons.
En fait, tous nos problèmes se reflètent dans les tensions localisées sur le corps.
L’attitude de défense provoque un épaississement musculaire et une rigidité articulaire qui, à la longue, rend la perception tactile et cénesthésique insensible, nous privant également de la possibilité de sentir du plaisir.
Sur ce point, il semble évident combien il est nécessaire de faciliter dans notre existence les expériences de contact.
« C'est seulement en transformant nos limites corporelles » écrit Rolando Toro, « en quelque chose de plastique, capable de transparence, de projeter et d'irradier notre identité, que nous pouvons nous relier d'une façon authentique avec les autres personnes et avec l'Univers, et intégrer de larges cycles d'énergie vitale. L’élasticité de la peau (sensibilité tactile et érogène) et de la musculature (cénesthésie) sont d'une importance vitale pour une Identité saine. »
Par le contact et les caresses nous produisons une « auto-valorisation », parce nous nous sentons désirés et estimés.
Caresser et être caressés est l’intime reconnaissance de notre valeur comme êtres vivants
« uniques ».
Le succès pédagogique et thérapeutique de la Biodanza est dû à ses effets sur l’organisme comme totalité et à son pouvoir de réhabilitation existentielle. Ces effets sont les suivants :
Pouvoir musical,
Pouvoir de la danse intégrante,
Pouvoir de la méthodologie vivencielle,
Pouvoir de la caresse,
Pouvoir de la transe,
Pouvoir de l’expansion de conscience,
Pouvoir du groupe.
Chacun d’eux a, en lui-même, un effet transformateur. Reliés en un ensemble cohérent, par un modèle théorique scientifique, ils sont un faisceau d’écofacteurs aux effets extraordinaires, capables d’influer y compris sur les lignes de programmation génétique.
Pouvoir musical :
Orphée a inauguré d’une façon mythique en Occident le « pouvoir musical ». Par la musique intégrante, avec la lyre d’Apollon, il était capable d’influer sur les lois de la nature et sur les mystérieux modèles qui organisaient la vie. Sous l’influence de sa musique, Orphée pouvait faire fleurir les arbres en hiver et calmer les animaux sauvages.
Depuis des temps immémoriaux, le pouvoir musical est connu au Japon, en Chine et dans d’autres pays orientaux. L’utilisation de la musique par les chamans, les moines tibétains et les danseurs soufis pour invoquer les forces de guérison et le lien cosmique est aussi très connue par les anthropologues.
Actuellement, la recherche scientifique en musicothérapie et en psychologie de la musique confirme l’efficacité du pouvoir musical. Il suffit de mentionner Alfred Tomatis, Don Campbell, Yehudi Menuhin et Michel Imberty pour comprendre que la musique, non seulement est liée aux aires réceptives de la sensibilité et de l’innovation, mais a aussi des pouvoirs de transformation sur les plantes, les animaux et, en particulier, sur les êtres humains.
Alfred Tomatis nous montre que « écouter l’univers » ouvre la perception dans toutes ses dimensions et rétablit les liens essentiels avec le milieu ambiant et avec les personnes.
Don Campbell a découvert certains effets spécifiques de certaines musiques de Mozart, capables de stimuler des fonctions cognitives et perceptives. « L’effet Mozart » peut s’extrapoler aussi à « L’effet Vivaldi », « L’effet Bach » ou à « L’effet Debussy ».
Yehudi Menuhin a étudié les relations entre la musique et les neurosciences, démontrant les effets de la musique sur les fonctions neurophysiologiques et sur le comportement des enfants.
Michel Imberty, un des plus grands spécialistes de la sémantique musicale, a fait des analyses de différents thèmes musicaux et de leurs significations émotionnelles.
Des recherches sur la sémantique musicale ont été réalisées par Gundlach (1935), Hevner (1936), Campbell (1942) et Watson (1942). De nombreux autres chercheurs actuels ont démontré les effets de la musique sur les organismes vivants.
En Biodanza, la musique est rigoureusement sélectionnée pour stimuler les écofacteurs liés aux cinq lignes de vivencia.
Nous appelons « musiques organiques » celles qui présentent des attributs biologiques : fluidité, harmonie, rythme, tonalité, unité de sens et effets cénesthésiques ; elles ont le pouvoir d’induire des vivencias intégrantes.
Etant donné que la musique peut éveiller des vivencias intenses, sa sélection en Biodanza obéit à des critères sémantiques, c’est-à-dire à ses significations thématiques, émotionnelles et vivencielles. La musique peut éveiller des émotions sentimentales érotiques, euphoriques, nostalgiques, etc., lesquelles, en étant dansées, se transforment en vivencias.
Pouvoir de la danse intégrante :
La Biodanza a un répertoire d’environ 250 exercices et danses, dont la finalité est d’activer les mouvements humains de façon harmonieuse et intégrante; il n’existe pas de mouvements dissociés en Biodanza. Nous comptons avec un ensemble d’exercices d’intégration sensori-motrice, affectivo-motrice et de sensibilité cénesthésique. Un autre ensemble d’exercices est formé par des danses simples qui stimulent les vivencias de vitalité, sexualité, créativité, affectivité et transcendance.
Pendant la pratique de la Biodanza, la musique se transforme en mouvement corporel, c’est-à-dire qu’elle « s’incarne » et le danseur entre en vivencia. A partir de la combinaison musique – mouvement – vivencia se déclenchent des changements subtils dans les systèmes limbique-hypothalamiques, neurovégétatifs, immunologiques et dans les neurotransmetteurs.
Toutes ces danses sont des écofacteurs qui ont un grand pouvoir de déflagration vivencielle, elles se potentialisent réciproquement et leur effet est l’homéostasie des fonctions organiques, la régulation du système intégrateur – adaptatif – limbique – hypothalamique et l’élévation de la qualité de vie dans le sens de la plénitude et du plaisir de vivre.
Méthodologie vivencielle :
La méthodologie de la Biodanza s’oriente vers la déflagration de vivencias intégrantes, capables de dépasser les dissociations qu’induit notre cultur
Actuellement, un grand nombre de personnes vivent des états de dissociations psychosomatiques. Elles pensent quelque chose, sentent d’une manière différente et agissent de façon dissociée par rapport à ce qu’elles sentent. L’unité de notre existence est en crise permanente. C’est à travers les vivencias que se perfectionne l’unité neurophysiologique et existentielle de l’être humain.
La vivencia est la sensation intense d’être vivant « ici-maintenant » et a de fortes composantes cénesthésiques et émotionnelles. Les vivencias ont différentes nuances émotionnelles, comme l’euphorie, l’érotisme, la tendresse, la paix intérieure, etc., ce qui contribue à l’expression authentique de l’identité
La vivencia est différente de l’émotion. L’émotion est une réponse à des stimuli externes et disparaît quand ceux-ci cessent. La vivencia est une expérience qui englobe l’existence en entier, a des effets profonds et durables, avec une participation de l’organisme comme totalité et induit le sentiment d’être vivant, en transcendant l’ego. C’est une expérience "ici-maintenant".
L’éveil de vivencias, qui nous permet d’être nous-mêmes, constitue une nouvelle épistémologie. Nos motivations intenses, instinctives et affectives, sont inhibées par des modèles culturels. Les vivencias profondes qui englobent l’unité de notre psychisme sont les forces originaires de la vie.
L’approche rationnelle de nos conflits ne résout pas à fond les troubles dissociés ; avoir une conscience de nos conflits ne modifie pas le comportement. C’est la vivencia d’être vivant, la perception cénesthésique de notre corps et, en fait, la possibilité « d’être honnêtement nous-mêmes » qui permet une existence intégrée et saine. Pour cette raison, nous n’utilisons pas l’analyse des conflits mais stimulons la partie saine de notre identité par des vivencias intenses, « l’instant est l’unique lieu où on peut vivre ».
La méthodologie vivencielle permet le processus d’intégration. La Biodanza est, par définition, un système d’intégration des potentiels humains. Intégration signifie « coordination de l’activité entre différents sous-systèmes pour arriver à un fonctionnement harmonieux d’un système plus grand ». La vivencia est l’agent essentiel d’intégration de l’unité fonctionnelle : « nous habitons l’ici et maintenant, dans un temps cosmique ».
Pouvoir déflagrateur de la caresse :
« La Biodanza est une poétique de la rencontre humaine »…
La connexion avec les personnes est essentielle dans tout acte de réhabilitation ou de guérison. Il n’existe pas de croissance solitaire (les techniques mystiques ou thérapeutiques à caractère solipsiste sont une tromperie). Le contact avec d’autres personnes est ce qui permet la croissance.
La connexion verbale est insuffisante. Le contact, la danse à deux ou collective et l’engagement corporel dans un contexte sensible, subtil et en feedback sont nécessaires.
Concernant les effets thérapeutiques et pédagogiques de la caresse, il existe actuellement de nombreuses recherches scientifiques. Des centaines d’auteurs ont découvert que le contact valorise et donne du contenant affectif aux personnes. Bien-sûr le contact ne suffit pas, il faut la connexion, ce qui veut dire que, quelque soit la forme de lien physique, celle-ci doit être mue par une force affective sincère.
Il existe des fondements scientifiques des thérapies de contact. Nous pouvons mentionner, parmi les nombreux chercheurs : S. F. Harlow, René Spitz, Rof Carballo, Lopez Ibor, Bowlby, etc.
La caresse n’est cependant pas seulement contact mais connexion. Les thérapies qui n’ont pas d’engagement corporel sont dissociées, puisqu’elles ne travaillent qu’au niveau de la conscience et non avec des vivencias significatives d’amour et de communion.
L’affectivité, noyau central de toutes les thérapies, inclut : la connexion, la coparticipation, le «nous» de Martin Buber.
Pouvoir de la transe :
La transe est un état altéré de conscience qui implique la diminution de l’ego et la régression au primordial, à l’originaire, d’une certaine façon à l’étape périnatale. Il s’agit d’un phénomène de régression aux états initiaux de l’existence.
Les effets de la transe ont le caractère d’une rénovation biologique parce que, pendant cet état, se rééditent les conditions biologiques du commencement du développement humain (métabolisme plus intense et éveil de la perception cénesthésique) et les premières nécessités de protection, de nutrition et de contact.
Pour cette raison, les exercices de transe en Biodanza permettent la reparentalisation, c’est-à-dire le « naître à nouveau » dans un contexte d’amour et de protection. De nombreux adultes portent en eux un enfant blessé, un enfant abandonné, sans amour. La reparentalisation permet de prendre soin de lui dans des cérémonies de transe et de renaissance.
Parmi les ressources du Système Biodanza, nous comptons sur la méthode innovante de la « transe de suspension » qui permet d’avoir accès à l’état de transe de façon progressive et sous la forme d’un doux abandon.
Pouvoir de l’expansion de conscience :
L’expansion de conscience est un état de perception amplifiée qui se caractérise par le fait de rétablir le lien primordial avec l’univers. Son effet subjectif est un sentiment intense d’unité onto-cosmologique et de joie transcendante.
La Biodanza induit des états d’expansion de conscience par des musiques, des danses et des cérémonies de rencontre. Avoir accès à « l’expérience suprême » demande une préparation préliminaire et un niveau supérieur d’intégration et de maturité. Les procédés que nous utilisons pour induire des changements progressifs d’état de conscience sont :
Exercices pour amplifier la perception de la nature et des personnes par les cinq sens,
« Lecture de l’âme » par la perception du visage des compagnons après la transe,
Exercices de plaisir cénesthésique pour diminuer l’intervention de l’ego,
Exercices de fluidité lente avec abandon,
Exercices d’extase et d’intase.
Différentes techniques psychothérapeutiques et de développement intérieur utilisent des drogues et des « plantes magiques » pour induire des états d’expansion de conscience, les propositions de la psychothérapie transpersonnelle la recherche par d’autres moyens.
Le Dr Albert Hofmann, créateur du LSD-25 (diéthylamide de l'acide lysergique), a proposé une nouvelle forme d’éducation de la perception et de la capacité d’empathie par « l’expérience enthéogène », dans un contexte d’intimité avec la vie. Cette proposition est difficile à réaliser étant donné l’ignorance scientifique ; la frivolité de nombreux auteurs – comme Timothy Leary – a discrédité l’expérience lysergique avec laquelle l’humanité a été profondément lésée.
En Biodanza, nous n’utilisons pas de drogues, nous préférons activer les mécanismes des neurotransmetteurs qui existent normalement dans l’organisme et qui produisent le même effet que les drogues enthéogènes. Après avoir vécu une « expérience suprême » (strictement accompagnée), on découvre un nouveau sens de la vie et une élévation du lien avec la nature, avec d’autres personnes et avec soi-même. La transtase (changement subit de transformation intérieure) consiste en l’intégration organique de la perception de l’intelligence abstraite et de l’affectivité.
La Biodanza induit des états de plénitude, et souvent d’extase, par des exercices d’affectivité et de transcendance. Les états d’expansion de conscience ont un effet durable sur le sens de l’existence et sur la façon d’être dans le monde. Ils consistent en une extase pour toute la création, ses forêts, ses animaux et en particulier les personnes.
L’expérience enthéogène est « le réveil du divin chez l’homme ». Elle comprend deux aspects :
Extase (lien avec le monde externe et avec les personnes) : L’approfondissement de cet état peut conduire à l’état contemplatif avec des pleurs fréquents face à la beauté indescriptible de la réalité, lié à la perte des limites corporelles et un plaisir intense. Il peut également se produire une profonde identification avec l’essence d’une personne, provoquant une compréhension absolue de celle-ci et en arrivant à ressentir une émotion intense d’amour et de fraternité.
L‘état de plaisir cénesthésique arrive quand une personne s’abandonne à « être soi-même » et, est en même temps un médium de la musique, c’est-à-dire que « l’individu est la musique ». Il se produit quand on danse les yeux fermés, en profonde sensibilité, lente et harmonieuse.
Intase (lien avec soi-même) : C’est la subite amplification de conscience unie à la vivencia émouvante « d’être vivant » pour la première et unique fois, en concentrant toutes les possibilités de l’être. Cette vivencia s’accompagne d’un sentiment de beauté et de plénitude. C’est se sentir la partie vivante d’une totalité organique, uni à un sentiment d’éternité (atemporalité). La vivencia corporelle est pulsante, avec des sensations de frisson et une pilo-érection.
Pouvoir du groupe :
Le groupe en Biodanza est une matrice de renaissance qui s’intègre au niveau affectif et est un champ d’interaction très intense.
La Biodanza n’est pas un système solipsiste, ni d’interaction verbale. Son pouvoir se trouve dans l’induction réciproque de vivencias entre les participants du groupe. Les situations de rencontre ont le pouvoir de changer profondément certaines attitudes et formes de relations humaines.
La forme d’intégration du groupe en Biodanza se différencie radicalement de la dynamique de groupe traditionnelle.
"Le bonheur : une valeur sociale. Le droit biologique au bonheur. Vocation sociale du système de la Biodanza" par Eugenio Pintore
...
« Action sociale » met l'accent sur ce qui rend la Biodanza fondamentale, à savoir le fait qu'il s'agit d'une technique raffinée et efficace de transformation individuelle, mais aussi d'une proposition visant à la transformation du monde et de la société, où les valeurs de la vie et de la dignité de la personne, c'est une proposition qui prend à cœur la défense des droits de l'homme et l'accompagne d'une spécification plus riche, plus complexe des besoins essentiels de l'être humain, articulée en fonction de ce qui émerge chaque fois que l'on procède à leur séparation en privilégiant soit la l'aspect économique ou politique ou social et culturel.
...
Dans cette perspective, il peut être intéressant de partir de la pyramide des besoins désormais bien connue de Maslow, avec les besoins physiologiques essentiels à la survie à la base, une série de mots appelés besoins d'accomplissement en haut, et les mots au milieu comme besoins émotionnels. et un besoin d'estime.
...
Si nous devions confronter cette organisation hiérarchique aux cinq lignes de vivencia, nous nous rendrions compte immédiatement que, si les besoins physiologiques essentiels sont primordiaux pour la survie, les relations entre les lignes ne peuvent être représentées par une pyramide, mais plutôt par une figure rappelant l'hologramme, une figure qui peut représenter leur interaction systémique : toutes les lignes sont essentielles et interagissent et définissent ensemble une totalité humaine intégrée. Elles sont toutes également nécessaires et aucune ne peut être contournée sans répercussion sur les autres, y compris la première, la ligne physiologique, qui apparaît comme la plus autonome. Mais une situation de carence affective, une menace permanente pour l'estime de soi, l'exposition à la précarité au travail peuvent affecter l'état de santé en générant des pathologies, même graves, qui menacent la survie de la personne.
Les résultats de cette hypothèse d'une conception non hiérarchique des besoins n'apparaissent clairement que lorsqu'on les replace dans leurs dimensions originelles : l'essence des besoins, tous sans distinction, s'enracine dans la constitution biologique de l'homme.
Ainsi, les besoins sont non seulement non hiérarchiques, mais aussi sans marge de manœuvre : ils sont de nature universelle et concernent donc tous les membres de l'espèce humaine, quelles que soient les circonstances culturelles, historiques, politiques ou religieuses. Ils ne peuvent être contestés. Il n'y a pas d'endroit ni de moment où ils perdent leur vitalité. Si les conditions socio-historiques et culturelles ne permettent pas de la satisfaire pleinement, la capacité de la personne à vivre dignement sa propre vie est remise en cause.
Parler de biologique, ce n'est pas seulement parler de naturel en général : c'est en même temps reconnaître l'interdépendance et l'indivisibilité des besoins. De même qu'il n'y a pas de besoins plus importants que d'autres, il n'y a pas de besoins qui puissent être sacrifiés au profit des autres : l'unité de la personne humaine ne permet pas de discrimination entre les besoins fondamentaux. Il y a bien sûr des seuils au-delà desquels la satisfaction d'un besoin est absolument urgente : l'exemple des moyens d'existence est le plus clair. Mais c'est la même chose pour tous les autres : il y a un seuil au-delà duquel le manque d'affection, d'estime de soi et de respect met sa vie en danger.
Ce n'est pas un hasard si l'accent mis sur l'interdépendance et l'indivisibilité des droits s'est imposé dans le débat sur les droits de l'homme, tout comme la proposition d'une théorie du développement à dimension humaine (sur cette dimension non hiérarchique et systémique, l'économiste Max une information important).
Le deuxième aspect à considérer, toujours dans la perspective d'un dialogue Biodanza sur le thème des droits, pourrait s'intituler : des besoins aux possibilités et capacités.
Le langage et le vocabulaire des besoins recèlent de nombreux écueils et la référence à l'unité et à la totalité de la personne ne parvient pas toujours à les éviter.
La satisfaction des besoins elle-même a une dimension de passivité qui projette l'idée de développement personnel dans une dépendance à l'égard d'interventions extérieures et souvent de type bien-être. Une conception qui maintient la personne dans une dimension de perpétuelle nécessité.
La référence constante de Rolando Toro entre le concept de potentiel génétique et les considérations des facteurs environnementaux qui favorisent ou compromettent son développement met en évidence la nécessité de le créer et/ou de le modifier afin qu'il devienne plus adapté au plein développement de leurs propres capacités innées.
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La proposition d'une éducation biocentrique n'est rien d'autre que le versant concret et opérationnel de cette proposition et répond à une idée de la vie comme richesse des possibles qui s'épanouit naturellement lorsque le contexte est favorable à son épanouissement.
Relisez les droits de l'homme dans cette perspective écologique, pour que le droit à la vie et le retour à la dignité puissent être compris non seulement en termes de concessions et d'obligations, mais garantissent le plein "épanouissement" de la personne.
Le terme « fleurir », qui semble n'avoir qu'un effet poétique, est utilisé dans la réflexion sur une nouvelle économie du développement comme celle d'Amartya Sen, qui montre la nécessité de penser le développement économique et social en vue de créer des conditions propices pour le plein développement des capacités humaines, précisément leur épanouissement. Cependant, les parallèles les plus intéressants avec le concept de « potentialités » se trouvent dans les réflexions de Martha Nussbaum, qui reformule les droits de l'homme en se référant non pas à une théorie des besoins, mais à une théorie des droits effectifs à toutes les capacités de chaque être humain. être possédé pour voir votre plus unique grandir, se développer et faire de l'exercice.
Ce sont des capacités auxquelles aucune exception ne peut être faite sans devenir de facto une discrimination ; ce sont des capacités qui doivent être garanties à tous, sans distinction de race, de sexe, de culture ou de religion, et dont les valeurs doivent être véritablement reconnues comme universelles.
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Je vais essayer d'énumérer certaines de ces capacités, en m'attardant non pas tant sur les plus partagées, comme celles qui concernent la vie, la santé ou l'intégrité physique, mais sur celles qui semblent secondaires et sont souvent considérées comme secondaires - par exemple l'imagination et les sentiments :
1. Vie : avoir la capacité de vivre une vie humaine d'une durée normale jusqu'à la fin ; pas mourir trop tôt, ou avant que la vie soit si limitée qu'elle ne mérite pas la vie.
2. Santé physique : jouir d'une bonne santé, y compris une reproduction saine ; être suffisamment nourri; disposer d'un abri adéquat.
3. Intégrité physique : pouvoir se déplacer librement d'un endroit à l'autre ; être protégé contre la violence, y compris la violence sexuelle et la violence domestique ; profiter du plaisir sexuel et du choix de la reproduction.
Déjà dans ce troisième point il y a des éléments importants à souligner : par exemple, on parle d'agression sexuelle, de violence domestique, de plaisir sexuel. Ce sont des aspects souvent ignorés dans la formulation froide et juridique des droits, mais qui renvoient à des contextes concrets de violence et d'injustice, notamment à l'égard des femmes, qui constituent de sérieuses contraintes au libre développement et à l'expression des possibilités et des capacités humaines.
4. Sens, Imagination et Pensée : être capable d'utiliser ses propres sens pour penser et raisonner d'une manière "vraiment humaine", c'est-à-dire d'une manière qui n'a pas été formatée et cultivée par une éducation adéquate, y compris, mais sans s'y limiter, l'alphabétisation , l'enseignement de base des mathématiques et des sciences.
Pouvoir utiliser l'imagination et la réflexion en lien avec l'expérience et la création de production d'œuvres auto-expressives (...) Pouvoir rechercher par ses propres forces le sens ultime de l'existence. Pour vivre des expériences agréables et éviter des douleurs inutiles.
5. Sentiments : pouvoir ressentir de l'affection pour des choses et des personnes autres que soi, aimer ceux qui nous aiment et prennent soin de nous, pleurer leur absence ; en général, aimer, pleurer, ressentir du désir, de la gratitude et une colère justifiée.
Son propre développement émotionnel n'est pas détruit par la peur ou l'anxiété excessive, par des événements traumatisants d'abus et d'abandon.
6. Raison pratique : être capable de se faire une idée de ce qui est juste et de réfléchir de manière critique à la manière de programmer sa propre vie.
7. Appartenance :
a) être capable de vivre avec et pour les autres, de reconnaître l'humanité des autres et de se soucier de son prochain ; s'engager dans diverses formes d'interaction sociale, être capable de comprendre la situation des autres et faire preuve de compassion ; être capable de justice et d'amitié (défendre cette capacité, c'est défendre les institutions qui soutiennent et nourrissent ces formes de solidarité, mais aussi défendre la liberté d'expression et d'association politique)
b) avoir la base sociale du respect de soi pour ne pas être humilié ; être traité comme une personne digne dont les valeurs sont égales à celles des autres. Cela implique au moins une protection contre la discrimination fondée sur la race, le sexe, l'orientation sexuelle, la religion, la caste, l'ethnicité et l'origine nationale.
8. Autres Espèces : Pouvoir vivre en lien avec les animaux, les plantes et le monde naturel en s'intéressant à eux et en prenant soin d'eux.
9. Jouer : Pour rire, jouer et profiter d'activités récréatives.
10. Contrôle de son propre environnement :
a) Politique : être capable de participer efficacement aux choix politiques qui façonnent sa vie ; le droit à la participation politique, la garantie de la liberté d'expression et d'association.
b) Matériel : le droit non seulement d'être formellement propriétaire (terres et biens mobiliers), mais d'avoir une possibilité concrète de le faire ; le droit de chercher un emploi au même titre que les autres; protection contre les perquisitions et les arrestations non autorisées.
En ce qui concerne le travail, être capable de travailler d'une manière digne d'un être humain, en utilisant le sens pratique et en construisant une relation significative et mutuellement identifiable avec les autres employés.
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Ces aspects renvoient tous à une sorte d'écologie du développement humain qui va du contexte le plus large tel que l'État à celui personnel qui est délimité par l'espace familial et les relations avec l'autre.
Mais comme je l'ai dit, les éléments les plus intéressants concernent des aspects normalement considérés comme secondaires et parfois superflus. Il est facile de comprendre que le droit à l'alimentation, au logement et à la sécurité doit être protégé et garanti, mais il est plus difficile de parler d'un droit à l'imagination, à l'affection, à l'amour et au jeu.
La capacité de "rire, jouer et profiter d'activités récréatives", la capacité de ressentir de l'affection pour les choses et les personnes autres que nous-mêmes, d'aimer ceux qui nous aiment et prennent soin de nous, en tant que capacités essentielles d'imagination et de réflexion, introduit une vision dans laquelle ce que nous normalement compris comme appartenant au domaine de la psychologie individuelle révèle son caractère social.
Le terme capacité, que l'on pourrait appeler potentialités humaines dans le vocabulaire de Rolando Toro, prend ici tout son sens : il s'agit d'être placé dans les conditions de pouvoir faire ou ressentir ce qui appartient originellement et universellement à tous les êtres de l'espèce humaine. espèces, bien avant qu'il y ait une différenciation historique, géographique ou culturelle.
Ces capacités peuvent être altérées de mille manières, mais toutes sont dues à un « environnement » qui, dans ses multiples aspects économiques, juridiques, culturels et familiaux, empêche leur développement et leur libre expression.
La violation est tout aussi grave, qu'elle soit considérée d'un point de vue développemental ou oppressif. Ne pas pouvoir exercer sa libre pensée et son imagination, parce qu'on ne nous a pas donné la possibilité de la faire grandir et de la développer dans un contexte éducatif adéquat, est grave et nous limite. La répression est plus facile à reconnaître et nous y avons développé une sensibilité collective qui nous permet au moins de commettre des actes de désapprobation. Mais la violation d'un droit n'est pas si évidente lorsque sa croissance et son développement sont consciemment ou inconsciemment empêchés.
Par exemple, remarquez ce qui est dit au sujet des sentiments liés au droit de : « ou le droit de vivre avec et pour les autres, de reconnaître l'humanité des autres et de se soucier de leurs voisins, de participer à diverses formes d'interaction sociale, de compréhension et la compassion pour la situation des autres et la capacité de justice et d'amitié.
Que ces capacités humaines puissent être sacrifiées et compromises est évident non seulement par rapport au contexte émotionnel et relationnel de la famille et des parents, mais aussi par rapport au contexte social dans lequel les enfants et les adolescents, par exemple, sont privés d'expériences positives de base comme pouvoir développer un minimum d'empathie ; les enfants impliqués dans des guerres violentes, comme les enfants soldats, mais aussi dans le crime organisé, les enfants et les jeunes qui ont grandi dans un contexte d'indifférence envers les autres, de mépris, de discrimination ou de racisme ouvert.
L'absence d'un contexte affectif adéquat, la subordination du comportement à la propre disqualification de l'adulte de l'humanité de l'autre, met en péril le développement et la croissance de la sensibilité empathique de manière quasi irréparable.
Cette violence contre les enfants ou les adolescents est d'une gravité incommensurable, pas moins grave que la violence liée au manque d'éducation ou de soins. Dans ce cas, la loi est compromise dès le départ et ne permet pas le développement d'une capacité humaine de base.
En ce sens, les capacités, toutes les capacités humaines, doivent être comprises comme des droits à sauvegarder et à protéger, non seulement dans leur expression mais plus encore dans leur développement. Ce sont des capacités qu'il faut soigner d'un point de vue pédagogique, mais aussi - et ici la Biodanza a un rôle supplémentaire - dans leur dimension de vente.
Alors qu'il y a des gens dont les capacités ont été compromises, sacrifiées, réprimées ; alors que la violence ou l'indifférence du contexte socio-économique ou familial a causé des déficiences dans les droits et les capacités fondamentales, la Biodanza peut participer à leur rétablissement et à la restauration de l'intégrité de la personne.
Quand Amartya Sen parle du droit au bien-être et à la qualité de vie, elle se réfère toujours à une idée du bonheur d'inspiration aristotélicienne, l'eudémonisme, qu'elle interprète comme le plein épanouissement de la vie, le plein développement de ses capacités.
Offrir et garantir que la vie de chacun puisse « s'épanouir », exprimer davantage son propre potentiel. C'est la Biodanza, et c'est sa vocation sociale.
Conférence présentée au Premier Forum International de Biodanza Sociale et Clinique - Mars 2009 - Centro Gaja Biodanza School of Vicenza
"Biodanza et action sociale, aspects fondamentaux" par Myrthes Gonzalez
Biodanza et action sociale, aspects de base par Myrthes Gonzalez
La Biodanza en action sociale offre des moyens pour récupérer la citoyenneté à partir du renforcement de l’identité individuelle, groupale, communautaire et culturelle, en favorisant la notion de valeur intrinsèque et de son importance dans la société. Elle redonne la puissance d’agir dans le monde et de modifier des réalités oppressantes à partir d’une notion vivencielle de dignité.
La Biodanza et l’action sociale
Le point de départ pour une réflexion sur la Biodanza et l’action sociale est la constatation que la Biodanza, par ses principes, va toujours avoir un impact de modification des structures sociales. Même la Biodanza proposée en cours hebdomadaires de niveau moyen ou avancé offre aux participants la possibilité de revoir leur relation avec le milieu, en modifiant leurs postures et leurs conduites, en récupérant un plus grand sens de dignité et une action proactive en lien avec le monde environnant. Le participant de Biodanza, indépendamment de sa classe sociale, est toujours invité à revoir ses valeurs et recherche la protection de la vie dans toutes ses manifestations. La pratique de la Biodanza éveille l’empathie, l’affect, la solidarité et l’indignation face au manque de respect et à l’oppression. En partant de cette constatation, on peut penser habituellement que toute la Biodanza est action sociale. Oui, elle est compréhensible la vision du potentiel de transformation sociale qui peut prendre appui sur cette méthodologie. Mais pour entrer dans le domaine de l’action sociale, il faut faire quelques pas de plus, sur des sujets structurés qui donnent la direction des résultats de notre action. Action implique un mouvement qui a une direction. L’action sociale a une proposition, une direction, quelque chose qui se cherche en lien avec les structures sociales.
- Récupération de la dignité à partir du renforcement de l’identité. Le concept d’identité en Biodanza est lié à la présence singulière dans le monde – la perception de sa propre valeur. Ces questions sont directement liées à la dignité. Des situations de misère, de privation des droits essentiels, de violence physique et émotionnelle, d’abandon et de manque de soin, génèrent une rupture dans la notion d’appartenance à la société, à la ville et au pays. Elle crée des ghettos formés par les personnes qui ne connaissent pas leurs doits et qui ne reconnaissent pas leurs possibilités de contribution à la construction commune. Le phénomène de l’exclusion sociale provoque une exclusion de soi-même. Les programmes d’assistance sociale deviennent souvent inefficaces quand ils n’ont pas pour but de faciliter aux participants un développement de leurs potentialités dans le monde. L’opprimé sort de cette situation quand il acquiert la notion de soi et de l’importance de sa participation. Par les vivencias de Biodanza, le participant reconnaît sa valeur, ses potentiels et apprend à voir la valeur et les potentiels des autres. Il cesse d’accepter la privation comme quelque chose de normal et est stimulé à être protagoniste d’actions de changement dans le style de vie personnel et de la communauté.
- Récupération des valeurs de soin à la vie comme : l’estime de soi, l’amitié, la solidarité, le lien en feedback avec l’environnement.
La stimulation aux actions de changement est toujours liée à une construction collective du monde. L’idéologie dominante divulguée par les moyens de communication est celle de l’individualité, du succès personnel, de la compétition et de la guerre pour changer de positions. Le climat est celui de la compétition, du stress et de la solitude. Bien plus, les médias véhiculent que ceci est le chemin vers le bonheur et la paix de l’esprit. Nous savons que ceci est le chemin le plus court vers l’épuisement physique et émotionnel. La personne qui vit en cherchant le bonheur et sa propre valeur dans la consommation et dans les symboles liés au statut, est aussi éloignée d’elle-même et de sa dignité que celle qui n’a pas de maison, ni de quoi manger. Le blocage affectif et l’individualisme proportionnel qui en résulte sont une absence grave d’éthique qui contrôle une société indigne et sans identité. Une masse amorphe d’esclaves de la production et de la consommation. L’action sociale en Biodanza a pour base la révision des valeurs que nous pouvons appeler anti-vie. Ce sont les valeurs qui éloignent l’être humain de la protection de la vie, en soi, chez les autres et dans l’environnement. Les valeurs que nous stimulons sont simples mais elles sont essentielles au maintien de l’intégrité et ce sont finalement elles qui peuvent réellement amener au bonheur et à la paix de l’esprit : l’estime de soi, l’amitié, la solidarité, le lien en feedback avec l’environnement. Ceux-ci sont les véhicules des changements sociaux réels, comme le dit Rolando Toro : « Marcher en se donnant les mains est un acte révolutionnaire. »
- Stimulation des potentiels génétiques présents dans chaque ligne de vivencia. L’être humain est plein de potentiels. Ceux-ci ont une origine biologique, soit génétique, et se manifestent ou non selon la relation de la personne avec le milieu. Nous avons tous bien plus de potentiels que ceux que nous serons capables d’exprimer dans notre vie. Le fait qu’une caractéristique déterminée existe en puissance chez une personne ne signifie pas qu’elle se manifeste. Ce sont les facteurs environnementaux qui stimulent le potentiel à se manifester. Par exemple : une personne peut naître avec une tendance particulière à l’expression graphique et naître dans un milieu qui la stimule à manifester pleinement ce potentiel, riche de stimulations qui le développe. Cette même personne aurait pu naître dans un milieu neutre, qui ne le favorise pas mais ne le réprime pas non plus. C’est seulement par elle-même qu’elle peut prendre contact avec ces habiletés, pourtant elle n’aura pas tellement de chances de les développer. La même personne, par contre, pourrait naître dans un milieu où la recherche de cette expression est punie et disqualifiée. Celle-ci, bien qu’elle existe en puissance, peut rester latente longtemps, pouvant se développer dans un deuxième temps si elle rencontre un milieu stimulant et accueillant qui permette de dépasser la peur d’entrer en contact avec son potentiel.
La Biodanza, par la méthodologie vivencielle, cherche à créer un environnement stimulant pour la manifestation des potentiels humains. Les potentiels se manifestent par l’expérience dans le monde, ce que nous appelons les vivencias. Les lignes de vivencias sont les manifestations de ces potentiels en cinq différentes formes :
Vitalité : potentiel de santé, d’autorégulation, recherche d’alimentation saine, régulation du repos et de l’activité :
Sexualité : potentiel de plaisir qui est lié à la jouissance de toutes les activités quotidiennes ;
Créativité : potentiel d’utiliser une infinité de formes d’expression de sentiments, d’idées et d’émotions – potentiel d’innovation ;
Affectivité : potentiel relationnel, sentiment d’empathie, solidarité, amitié et lien avec les autres ;
Transcendance : potentiel d’insertion au milieu.
Le thème central de la Biodanza dans l’action sociale étant la récupération de l’identité au sens large et profond, les aspects importants de ce processus sont :
· Valeur de l’expression culturelle. L’identité d’un peuple, d’une communauté ou d’un groupe se traduit par sa manifestation culturelle. Il est essentiel d’observer, de respecter et de valider la culture de chaque population.
· Singularité : Chaque être humain est unique. Il n’existe aucune personne totalement pareille à l’autre. Même avec le même code génétique, la vivencia de chaque personne donne des résultats différents. Il existe une tendance à la massification qui nie le singulier. Celui-ci étant nié, la valeur intrinsèque de chaque être humain est vide, désacralisant la relation avec soi-même et avec sa vie. Le concept d’identité, vu par la Biodanza, passe par la récupération de la sacralité intégrée avec la vie. Quand nous désacralisons quelque chose, nous le banalisons et nous pouvons le déprécier. Notre culture place le sacré loin de la nature et des personnes et elle peut, pour cela, être extrêmement violente et destructive.
· Dignité : Il existe certains aspects de la vie qui ne peuvent manquer à l’être humain sous peine que cette carence altère la perception de sa condition dans le monde. Les personnes qui passent par l’expérience de la fin continuelle, du manque de maison et de conditions d’hygiène, en arrivent à tolérer et à considérer comme naturel ce type de privation. Récupérer la dignité signifie retrouver la certitude que, par le simple fait d’exister, un être humain doit avoir une condition de citoyen à part entière.
· Puissance : Le fait de percevoir qu’il existe des choses à conquérir et à transformer dans notre vie ne signifie pas que nous nous sentons capables ou méritants. Quand nous proposons la Biodanza, nous stimulons chez les personnes la perception de soi comme êtres capables de changement et d’action concrète dans le monde. L’identité donne le passage, l’espace et pour conquérir ces facteurs il faut la perception de soi comme être puissant. Responsable pour soi dans le monde. Un agent transformateur.
· Capacité d’adaptation et de changement : Ces deux caractéristiques, bien qu’elles paraissent contradictoires, sont complémentaires et composent ce que nous appelons en Biodanza la capacité de fluidité. Nous pouvons utiliser la métaphore de l’eau qui, dans son mouvement, circule, change d’état et est capable de s’adapter à la forme des récipients et à adhérer à ses parois. La fluidité est donc synonyme de liberté avec responsabilité et engagement. Ainsi, en Biodanza, nous apprenons que la liberté c’est circuler à travers un réseau de liens avec d’infinies possibilités. Pour cela, il faut avoir beaucoup de communication affective et responsable, une capacité à se laisser toucher par les situations vécues et vivre intensément chaque instant, sans attaches. La fluidité, contrairement à ce que nous pourrions penser, est liée à la force, une force qui ne nie pas la sensibilité. D’autre part, la rigidité, l’incapacité de changer et de s’adapter, reflète la peur et la fragilité face à la vie qui fait qu’une personne se construit des cuirasses pour garantir sa survie, présentant une force apparente qui n’existe pas intérieurement et payant le prix de perdre sa sensibilité.
· Une réflexion profonde sur ses propres valeurs et sa place dans le monde : Il ne revient pas au facilitateur de dire comment un participant doit vivre ou se lier. Le facilitateur n’est pas dans le groupe pour imposer sa façon de voir le monde, ni pour établir de comparaisons ou un jugement de valeur. La proposition est de promouvoir un milieu qui permette d’amplifier les horizons de perception, en établissant une vision réflexive sur les valeurs et les formes d’être dans le monde, en permettant de voir de nouvelles possibilités en prenant contact avec le potentiel créatif et solidaire comme des instruments de transformation. Nous ne pouvons pas confondre identité avec une posture égotique qui est communément stimulée par les médias et même par l’éducation. En Biodanza, nous voyons une identité forte, comme quelque chose capable d’établir des liens coopératifs, agissant sur la base de réseaux affectifs.
Le défi du facilitateur
Le travailleur social a toujours un impact sur la communauté dans laquelle il est. Ceci peut être positif ou négatif. Pour cette raison, il est important de réfléchir sur le rôle de ce professionnel.
Je propose maintenant d’examiner quelques points sur le facilitateur pour réfléchir et attirer une attentions plus particulière :
- Comprendre la réalité dans laquelle il est, à partir de l’empathie et non du jugement ou de préjugés. Le facilitateur de Biodanza peut être sollicité à développer son travail dans des communautés qui ont des habitudes culturelles différentes des siennes. Celles-ci peuvent parfois êtres conflictuelles. Il existe alors un danger de comparaison ou même d’imposition d’une façon de concevoir une réalité sur une autre. Le facilitateur de Biodanza est invité alors à ne pas entrer dans le jugement de la situation car des comparaisons culturelles sont toujours néfastes et dégradantes. Il est difficile de comprendre les valeurs d’une culture à partir des valeurs conflictuelles de l’autre. La perception de la situation du groupe et des personnes qui le composent doit passer par le filtre de l’affectivité, du de l’engagement solidaire, de l’empathie et de la communion de tous les acteurs du processus. La valeur centrale est la vie. A elle nous nous connections par la danse et l’interaction vivencielle. En ce moment, nous transcendons les barrières culturelles pour trouver la vraie communion entre êtres humains et la nature.
- Établir un dialogue constant avec ses valeurs culturelles qui entrent en conflit avec la réalité vécue. Le conflit entre valeurs culturelles n’est pas une question facile à résoudre. Bien qu’un facilitateur se sente apte à accepter le groupe ou les personnes, il peut être choqué par certaines situations les concernant, ce qui peu générer angoisse et sentiment d’impuissance. L’idéal, dans ce cas, est que le facilitateur ait un espace de partage d’expériences et de sentiments avec d’autres collègues qui font une activité semblable. Il est préférable qu’un groupe de facilitateurs ait l’appui d’un professionnel expérimenté, mais qui ne soit pas dans le même local. Il pourrait faire la coordination de la réunion et pourrait faciliter l’expression de tous, en aidant à entrevoir des issues et à permettre la compréhension des situations vécues.
- Différencier ses besoins de ceux du groupe, en cherchant à reconnaître les demandes biaisées. Quand nous cherchons un travail social, nous sommes souvent motivés par le désir d’aider les autres. Souvent, nous pensons que quelque chose est nécessaire pour une personne déterminée, un groupe ou une communauté. Souvent, ce que nous jugeons essentiel pour vivre n’est absolument pas indispensable pour l’autre ou peut même devenir gênant. Il est donc nécessaire de percevoir que nos besoins ne sont pas nécessairement ceux des autres. Nous ne sommes pas dans le travail social pour satisfaire les besoins d’autrui mais bien pour récupérer la capacité de reconnaître ses propres rêves et besoins, ainsi que la force et l’organisation pour les réaliser.
- Être disposé à croître et se transformer. Faciliter le développement des potentiels humains est un acte de résonance où toutes les personnes impliquées sont disposées à se transformer. Le facilitateur entre aussi dans ce processus. On observe que le travail dans des réalités très différentes de celles dont le facilitateur est habitué, peut provoquer chez lui des processus de transformation très profonds. Souvent, le facilitateur vit des processus assez radicaux où il constate ses limites personnelles pour aider les autres et rencontre ses propres préjugés et prépotences. Il est important que le facilitateur ait l’aide de supervisions en groupe de partages, pour qu’il puisse élaborer l’expérience de façon positive.
- Reconnaître ses talents et ses propositions en les mettant au service de la proposition du groupe de travail. L’idéal dans le travail social, est qu’il y ait une structure d’équipe. Ainsi, il ne se fait pas par un professionnel ou un volontaire qui va au turbin, mais par un groupe de personnes qui pensent, sentent et construisent ensemble le travail. Dans ce cas, il est important que nous puissions reconnaître les talents et les capacités de chaque personne concernée et que chaque personne puisse découvrir le lieu où il puisse le plus apporter sa contribution au groupe. Certaines personnes n’ont pas d’aptitude pour le travail pratique, d’autres sont très talentueuses dans l’organisation de documents, dans l’élaboration de projets, dans l’appui logistique et/ou émotionnel à ses collègues et au groupe. Pour un travail professionnel dans le domaine social, il faut ce type de structure et il faut comprendre que tous ne feront pas tout mais que chacun va faire le meilleur dans son domaine de compétence. C’est de l’activité orchestrée par toutes les personnes impliquées que le groupe surgit comme identité et possibilité de réalisation.
- Reconnaître ses limites et demander de l’aide, en valorisant les talents, les capacités et le lien affectif existant dans l’équipe. Comme nous l’avons déjà vu, l’idéal dans le travail social est qu’il ne soit pas une initiative individuelle, d’un facilitateur isolé, mais une construction collective d’un groupe de personnes, qui peut être composé de facilitateurs de Biodanza ou d’une équipe pluridisciplinaire. Dans le travail d’équipe, il est important de demander de l’aide, de déléguer les tâches et de percevoir que nous ne pouvons pas centrer tout sur une unique personne.
- Humilité. Quand nous arrivons dans une communauté qui vit différentes situations d’exclusion et de carences matérielles de divers ordres, nous pouvons avoir la tentation d’avoir une sensation de supériorité et nous mettre dans la place du sauveur. Je vais montrer à ces personnes la sortie.
Nous venons d’une tradition colonialiste où, en arrivant sur une nouvelle terre, le colonisateur, venant d’une culture étrangère, essaye d’introduire sa vision du monde en jugeant la culture locale inférieure à la sienne. Il impose ses valeurs en croyant faire un grand bien. Souvent, cet acte, motivé par le désir d’aider, corrompt les cultures locales, éloignant les communautés de leurs racines culturelles et historiques, en produisant le contraire de ce qui est recherché, un affaiblissement de l’identité. La présence du facilitateur produit certainement de changements. Ils viennent de l’interaction, de l’expérience de connaître le monde et la valeur de sa propre présence dans le monde. Il faut que le facilitateur voie clairement que ceci est son rôle. Il vient faciliter un processus de découverte des valeurs et il ne dit pas quelles sont les valeurs, ni ce qui est juste et ce qui est faux. Le facilitateur vient apprendre et enseigner par un échange profond et respectueux avec les participants.
Biodanza dans l’Institution sociale
Les besoins d’une communauté déterminée vont bien au-delà des questions subjectives auxquelles nous apportons du soutien. Ainsi, comme de nombreuses institutions échouent dans leurs projets pour ne pas travailler la subjectivité – qui se base sur l’estime de soi, les liens et la capacité d’organisation et de dépassement -, nous pouvons aussi nous tromper en pensant que ce n’est qu’avec la subjectivité que nous pouvons créer les conditions pour provoquer des changements significatifs. Tout être humain a besoin de conditions d’alimentation, d’habitation, d’hygiène pour connaître un sens de dignité. Les projets que nous faisons avec la Biodanza et l’Education Biocentrique doivent tenir compte de ces aspects. Mais sûrement que la logistique concrète que ces aspects demandent ne sont pas la spécialité d’un facilitateur de Biodanza. Ainsi, il est assez utile que les projets de Biodanza et Education Biocentrique soient implantés dans des institutions qui ont une structure installée et des objectifs clairs et efficaces. Dans ce cas nous devons tenir compte de certains aspects concernant notre influence et notre rôle institutionnel :
La Biodanza dans l’Institution sociale :
Collabore en développant de nouvelles possibilités de relation basées sur les principes de solidarité, empathie, lien et relation en feedback…
Recherche l’action en réseau, en faisant attention à la totalité des personnes impliquées dans le processus, le public, les participants, les fonctionnaires, les parents.
Tous font partie d’un tout organique unique, y compris l’équipe des facilitateurs.
C’est un chemin de prophylaxie de la santé institutionnelle, en collaborant de façon efficace avec les processus de soin.
A comme devise de rétablir la signification et la satisfaction d’être ensemble, impliqués dans une proposition déterminée.
Éducation biocentrique
L’action sociale est directement liée à l’éducation. Le processus de recherche d’amélioration de la qualité de vie dans une communauté est un processus éducatif. Notre proposition est de dépasser l’éducation sur les bancs d’école, de dépôt d’une connaissance déconnectée de la réalité de l’élève. Nous proposons une relation d’échange de connaissances, où la valorisation du savoir soit facilitée par le désir pour la connaissance. Ceci veut dire, partir des besoins et des intérêts de la communauté et de ses membres. Dans l’action sociale, la Biodanza n’est jamais séparée de l’éducation biocentrique. En réalité, dans une majorité des cas, l’éducation biocentrique est au premier plan, forgeant les relations institutionnelles et quotidiennes, et la Biodanza vient comme méthodologie centrale mais non unique. Il se peut qu’un groupe déterminé ou une communauté ne s’ouvre pas à la Biodanza dans sa forme et son application traditionnelle. Ceci ne veut pas dire que ce groupe doit être abandonné car l’objectif n’est pas simplement la Biodanza mais bien la récupération de l’identité et de l’intégration au niveau personnel, communautaire et cosmique. L’éducation biocentrique offre une vision vaste de ressources qui peuvent être utilisées pour favoriser ce processus.
La mécanisation et ses effets sur le mouvement humain par Myrthes Gonzalez - 7 min de lecture
La base conceptuelle de la Biodanza provient d’une méditation sur la vie,
du désir de renaître de nos gestes dépecés. » Rolando Toro
L’histoire du mouvement humain est aussi l’histoire de l’humanité. Toutes les périodes historiques ont eu des conséquences sur la corporéité. Dans ce texte, je cherche à réfléchir plus spécialement sur la période historique qui se caractérise par le mécanicisme et comment celui-ci va atteindre la corporéité et donc déterminer la façon dont les êtres humains ont bougé ces derniers siècles.
Les réflexions du philosophe René Descartes furent déterminantes pour la vision du monde à l’âge moderne. Descartes propose une suprématie de la raison au détriment de la corporéité. Le corps est, pour lui, une machine créée pour servir les objectifs de la raison.
Le dualisme corps – esprit n’est pas une invention cartésienne mais nous pouvons dire que Descartes a accentué cette dissociation.
La vision rationnelle de Descartes est contemporaine aux avancées technologiques au cours du temps. Au Moyen-Âge, étant donné la forte discipline dans les monastères catholiques, il y avait besoin d’un mesurage de temps permettant d’imposer une division des tâches pendant la journée à partir de cette mesure. C’est de cette époque qu’ont surgi les rudiments de la mesure mécanique du temps. A partir du 14ème siècle, devant le besoin d’instruments adéquats pour les grandes navigations utilisant des horloges mécaniques - celles-ci étant initialement énormes et se trouvant dans les clochers des églises - celles-ci diminuèrent de taille devenant peu à peu habituelle dans les lieux de travail et à la maison.
Nous pouvons percevoir que, dès le début, la mesure mécanique du temps a influencé la corporéité, ayant comme objectif d’organiser et de créer une méthode dans la routine humaine, en standardisant les mouvements et les pratiques.
La mécanisation de la mesure du temps cependant arrive à une époque de grandes avancées technologiques qui vont s’établir peu à peu à la place de la production artisanale par la mécanisation de la production à grande échelle par des machines qui remplacent le travail humain.
Pour avoir une notion de la dimension corporelle de ce changement, il faut penser au style de vie de l’artisan. La production artisanale, dans les centres urbains du 16ème et 17ème siècle se faisait en petits groupes ou même un seul artisan faisait tout le processus. En général, il n’y avait pas de division rigide des tâches ni un contrôle rigide du temps ou de la production. Cela ne veut pas dire qu’il y avait des conditions idéales de travail, car les citadins en général n’avaient pas d’installations sanitaires et les bourgeois étaient plus organisés en stratégies de défense que tournés vers le bien-être de ceux qui vivaient là. Nous pouvons cependant dire que, d’une certaine façon, la production n’avait pas un impact décisif sur l’organisation du mouvement. Le travail manuel non répétitif, où le travailleur avait conscience de tout le processus de production, permet en général une connexion avec la danse – mouvement plein de sens.
Le phénomène appelé révolution industrielle commence au 18ème siècle, en Angleterre. A ce moment, de grandes machines, initialement à vapeur, remplacent une partie du travail fait auparavant par les artisans. Il existe donc une modification très radicale de la structure sociale. Le propriétaire de la machine ne s’implique pas directement dans le processus de production, mais emploient un grand nombre de personnes qui vont faire partie de ce processus en agissant près des machines.
Ceci a créé une nouvelle catégorie professionnelle de personnes qui vendaient leur force de travail en échange d’une petite partie de la valeur générée par la production (valeur ajoutée). Ce type de relation, qui aujourd’hui encore détermine la production dans notre société, a commencé de façon brutale. Les employés allaient des enfants aux vieillards, des femmes et des hommes avec des journées de travail allant jusqu’à plus de 16 heures. Une situation qui a seulement changé avec l’organisation des travailleurs en syndicats.
Les modifications dans le mouvement humain découlant de cette période historique sont très importantes. Nous pouvons souligner deux points :
1. L’élément central de la production devient la machine, beaucoup plus efficace en termes de productivité. L’être humain fait partie de la production comme une espèce de « co-adjuvent » de la machine. D’une certaine façon, il fait partie de ses engrenages. Il est comme un engrenage, une pièce sans signification spéciale qui peut être échangé par un autre en cas de défaillance.
2. Le travailleur n’a plus conscience de la totalité du processus de production. Il est en général utilisé à seulement un point du processus avec des mouvements répétitifs et sans signification. Son mouvement n’a plus de sens, il est vide de toute créativité et de toute identité. L’homme est une pièce de la machine. Pendant les mouvements répétitifs, il existe un processus brutal de dissociation corps – esprit. L’esprit navigue dans d’autres sphères hors du temps présent et de l’espace de l’usine.
Au début du 20ème siècle, les usines comptent des lignes de production de plus en plus sophistiquées. Taylor a étudié l’organisation des environnements et des machinistes de façon à établir une économie des gestes. Selon lui, une partie de l’énergie qui pourrait être destinée à la production était gaspillée par des mouvements non dirigés vers elle. Taylor a influencé toute l’organisation des environnements contemporains dans la recherche d’une objectivité absolue et non gaspillée dans la production des biens de consommation. Le travailleur de la ligne de production commence à avoir des gestes mesurés et contrôlés de façon à canaliser toute son énergie motrice vers la tâche qui lui est désignée.
C’est seulement à la fin du 20ème siècle qu’on constate que ces gestes répétitifs et privés de sens génèrent une distance chronique de l’ici et maintenant, un état de transe désintégrant où la personne s’absente d’elle-même jour après jour, pendant de nombreuses heures par jour. Nous avons par conséquent une série de dégâts sanitaires, tant au niveau de la corporéité que de la spiritualité.
Dans les années 80 déjà, on sait qu’il est important que le travailleur soit impliqué dans toutes les parties du processus de production et qu’il donne une signification à ce qu’il produit. Dans le cas contraire, il tombe malade, soit de maladies psychosomatiques, psychiatriques ou d’accidents du travail.
Cette constatation nous amène directement à la perception que les mouvements dits corporels sont directement associés à la santé et que la qualité de ces mouvements détermine la qualité de vie et la façon de percevoir et de se relier avec le monde.
Nous arrivons finalement au début du 21ème siècle dans une société hyper technologique où les processus de la ligne de production sont presque déjà quasi automatisés et le travail manuel est substitué, à large échelle, par des équipements de haute technologie. Quelles en sont les conséquences inévitables sur la corporéité ? Quel type de mouvement cette société propose ? Est-ce que nous dépassons le mécanicisme ou est-ce que nous entrons dans une version plus sophistiquée de celui-ci ?
Nous vivons actuellement dans un monde inséparable de la mécanisation, ce processus historique a changé drastiquement la nature et aussi la relation de l’humain avec lui-même.
Comment vivre aujourd’hui sans lumière, sans eau courante, sans internet, sans téléphone, sans voiture, sans train, sans avion et tous les autres équipements technologiques ? Nous serions complètement inadaptés si nous retournions à vivre comme il y a 50 ans.
Nous nous éloignons peu à peu du besoin de nous impliquer directement avec des travaux répétitifs et peu créatifs et nous pouvons penser que ceci est un fait extrêmement libérateur. Nous ne pouvons cependant pas oublier que ce qui met en mouvement notre structure économique aujourd’hui est la consommation.
La création d’un monde virtuelle chaque fois plus indispensable et absorbant a amené à une « pacification » des mouvements. La motricité fine, les gestes des doigts et le regard tourné des heures vers un écran ont créé une difficulté d’interaction avec le monde non virtuel. La non virtualité demande de la sueur, des muscles et une attention multidirectionnelle. Les maladies liées à des mouvements répétitifs des mains prolifèrent, ainsi qu’une obésité quasi épidémique.
La virtualité, la globalisation et la consommation créent un être humain passif d’un côté et irrité de l’autre, car il est habitué aux résultats immédiats de l’ordinateur. On perd radicalement les détails subtils de l’interaction humaine qui est faite de façon plus désinvolte dans le virtuel que dans l’interaction directe. Des phénomènes de résonance qui sont basés sur cette interaction directe se perdent en provoquant des difficultés dans les relations humaines, une absence d’empathie et un mal-être émotionnel.
La médecine attire l’attention sur les maladies provenant du sédentarisme et il se crée aujourd’hui un nouveau type de pratique, chaque fois plus diffusé, où l’exercice physique est vu comme un besoin pour la santé. Il est de fait nécessaire pour compenser notre style de vie inerte. Il est cependant important de réfléchir sur la façon dont il est fait et sur les motivations. Il reflète et renforce souvent une profonde dissociation corps – esprit. Le manque de perception des sensations corporelles est la cause et la conséquence d’un style de vie tourné vers la consommation. L’exercice est pratiqué comme une obligation et comme si le corps était un animal enfermé toute la journée dans une geôle. Il serait donc important, de temps en temps, de le laisser sortir, de préférence sous contrôle, sous forme de colère.
Celui qui pratique des exercices physiques a souvent une motivation de maintien de sa santé physique et de sa beauté esthétique. Le corps est ici un objectif qui doit être bien soigné et bien préservé.
Heureusement, cependant, la naissance du nouveau millénaire apporte avec elle un besoin pressant de changement. Encore impactés et d’une certaine façon crédules quant aux possibilités générées par l’avancée technologique, beaucoup de personnes arrivent à repenser leur relation avec la consommation et génèrent ainsi un processus d’intégration où la corporéité et les spiritualités tendent à se fondre dans la recherche d’un être intégral.
L’humanité arrive à une dissociation extrême mais, comme dans tout sommet, il existe un déclin, dans ce cas, une chance de changement.
Rolando Toro, créateur de la Biodanza, propose que nous renaissions de nos gestes dépecés.
La réflexion qu’il fait est que nous sommes nos gestes. Il ne sert à rien d’acquérir des objets et de nous proposer des pratiques diverses, si nous ne sommes pas intensément engagés avec ce que nous faisons. Cet engagement est une récupération de la corporéité. Tout ce que nous faisons dans notre quotidien a un sens et peut englober tout notre être. Si nous reconnaissons l’importance de chacun de nos gestes et que nous les transformons en danse de notre existence, nous aurons besoin de choses très simples pour vivre. Le bonheur et la réalisation sont loin de l’acquisition des choses. La joie de vivre et le bien-être sont liés à la qualité du geste et du mouvement de chaque acte de mon existence. La santé intégrale est indissociable du fait de danser sa vie.
Natuurlijke muziek
In de zoektocht naar een taal die in staat is ons gezondheidspotentieel, ons vermogen tot resonantie en empathie te stimuleren, is muziek een bron van buitengewone kracht. Haar voornaamste waarde ligt in haar gemakkelijk herkenbare boodschap: die van een natuur die ons onthult dat haar ritmes en harmonieën dezelfde zijn als diegene die in ons kloppen en ons elk moment door elkaar schudden. Sinds de opkomst van de zogenaamde "lichaamstherapieën" heeft muziek dus altijd een bevoorrechte plaats ingenomen als mechanisme om beweging en emoties op te wekken; en bijna alle therapeutische technieken en systemen die dans en/of lichaamsbetrokkenheid als spil hebben, hebben muziek overgenomen.
Met de komst van de digitale technologie en de compact disc is de muziek steeds dichter bij het ideaal van Pythagoras gekomen: een objectief verband leggen tussen muziek en wiskunde. De omzetting van geluidsgolven in een binair systeem maakt deel uit van een - vaak door musici gehekeld - proces van denaturalisering van geluid, dat de fysieke keten van gebeurtenissen waaruit de "analoge muziek" is voortgekomen, doorbreekt. Afgezien van marktvraagstukken is het duidelijk dat de huidige technologische ontwikkeling nauw samenhangt met de huidige muzikale voorstellen: veel informatie maar weinig vibratie. Het zou een absurde onderneming zijn om een conflict aan te gaan met een technologie die we moeilijk kunnen negeren. Maar ons heroriënteren op authentieker muzikaal materiaal, dat ons een betere vitale en integrerende inhoud biedt, is een avontuur dat niet alleen mogelijk, maar onmisbaar is.
Om dit te bereiken hoeven we alleen maar terug te keren naar de biologische bron van muzikaliteit en af te stappen van muziek die uitsluitend voor commerciële doeleinden is ontworpen. Hiervan is de emotionele inhoud oppervlakkig en stereotiep en het archetypische evocatieve potentieel ontbreekt.
Authentieke muziek, als behoefte aan expressie en viscerale menselijke schepping, is een fenomeen dat diepe emotionele en psychologische inhoud (bewust en onbewust) onthult, zowel persoonlijk als collectief. Juist het ontstaan van deze "achtergrond", als een roep uit de ingewanden, geeft haar zowel eenheid als verscheidenheid. Door over zichzelf te spreken, spreekt de kunstenaar over de wereld.
Alle vitale muziek bevat in zich de verscheidenheid van elementen die de organische natuur vormen. Ze zijn de basis van de menselijke identiteit. Haar rijkdom en bloei ligt in haar paradoxale maar onmiskenbare essentie: ze is eenvoudig maar complex en onthult de dynamiek van de gevoelswereld wanneer ze authentiek tot uitdrukking komt. Ze zijn etherisch en subtiel - nauwelijks lucht in beweging - maar zo concreet dat ze kunnen worden aangeraakt. Ze zijn magisch en mysterieus, maar zo precies als de pijl die het doel met zekerheid penetreert. Ze zijn meervoudig, omdat hun code van schoonheid ons allen op dezelfde manier bereikt, omdat we daarin de essentiële melodie waarnemen die soms de onze was en nog steeds pulseert om haar volheid te vinden; en omdat wij haar mede-auteurs zijn, want muziek heeft geen bestaan buiten onze subjectiviteit; zij is altijd een relatie, een permanente herschepping die tonen en regels heeft die tot ons eigen leven behoren.
Musicus Peter Hamel zegt: "Nieuwe muziek moet leren van alle muzikale tradities, zoeken naar vergeten antecedenten en opnieuw de oorspronkelijke functie van muziek kennen, haar verbinding met diepere menselijke ervaringen, zonder te vervallen in een ingenieus eclecticisme. Momenteel is er een tendens om de oorspronkelijke bronnen van de muziek te ontdekken, die als enige de weg kunnen wijzen naar een nieuwe muzikale vivencia, die de mens in zijn totaliteit samenvat. Dit zijn zelden ontdekkingen van onze tijd, maar herontdekkingen van wat oude volkeren en culturen al wisten, maar die door de voornamelijk rationele ontwikkeling van het Westen in de vergetelheid zijn geraakt. "
Muziek zijn
Een holistische benadering van muziek en dans als integrale levensuitingen moet verder kunnen gaan dan de traditionele stimulus- en responsformulering. Het gaat niet alleen om luisteren naar muziek en erop dansen. Een dergelijke benadering, gebaseerd op de oude dualistische opvatting (geest-lichaam) en tijdslineariteit (oorzaak-gevolg), bevordert gefragmenteerde levenswijzen die, in plaats van integratie te bevorderen, bestaande dissociaties versterken.
Biodanza gebruikt muziek in een gestalt die geïntegreerde beweging (dansen) en emoties omvat als een systeem van op elkaar inwerkende elementen. Hoewel wij, vanuit methodologisch oogpunt, alleen kunnen handelen via geluid (muziek en aanwijzingen) en dansen (erop wijzend dat emoties en vivencias ontologisch en subjectief zijn en niet in de methodologie kunnen worden opgenomen), genereert de coherente toepassing van deze elementen, in het kader van een groep, een veld. Dit veld bevordert vivencias, waardoor een geïntegreerde uitdrukking ontstaat waarin de verschillende elementen die op elkaar inwerken elkaar voeden, waardoor hun intensiteit en betekenis worden versterkt. In deze context wordt de muzikale waarneming omgevormd tot een ervaring die de totaliteit van het wezen omvat.
Geluid versmelt met identiteit in een globaal integratieproces dat het strikt auditieve overstijgt. We luisteren niet naar muziek. Wij herscheppen het via subtiele en complexe mechanismen van resonantie die zowel de cellen als de gedachten bereiken. Wij zijn muziek. En onze dans is de coherente uitdrukking van deze ontologie.
Elke muziek op zijn plaats
In een voorstel om vitale functies, die om verschillende redenen geblokkeerd zijn of aan storingen lijden, opnieuw te leren, moet de muziek nauwkeurig worden aangepast aan de specifieke eisen van die gezonde aspecten die we willen ontwikkelen. Daarom hebben we organische muziek nodig, die de fysiologische basisregels respecteert (ritme en cardio-respiratoire frequentie), die de niveaus van homeostatische regulering versterkt. Sensuele muziek, met een harmonieuze en vloeiende ontwikkeling, die de cenesthetische waarneming, het genot en de tactiele gewaarwording versterkt.
De integratie van emoties met actie wordt vergemakkelijkt door de muzikale boodschap. Deze maakt, op haar beurt, de coherente manifestatie van beweging met de door het geluid opgewekte sensaties mogelijk. Als we bijvoorbeeld muziek gebruiken met een euforisch ritme en een vrolijke melodie, bevorderen we een integrale vivencia. Als we daarentegen muziek gebruiken met een euforisch ritme en een melancholische melodie, zal het resultaat een gedissocieerde en ongeorganiseerde vivencia zijn. Elke muziek die tegenstrijdige elementen in haar structuur bevat, zal vivencias van dezelfde aard uitlokken, waardoor verwarring ontstaat en het moeilijk wordt om toegang te krijgen tot een emotie die harmonieus verbonden is met de gebaren. Veel van het huidige muzikale panorama heeft deze kenmerken: gefragmenteerde ontwikkeling, obsessieve ritmes, enz. Veel van de zogenaamde New Age muziek, zoals seriële of minimalistische muziek (die gewoonlijk als harmoniserend wordt aanbevolen) is een goed voorbeeld van dit desintegrerende effect.
Het creatieve aspect van muziek is essentieel in de zoektocht naar een vernieuwende en authentieke, niet-stereotiepe beweging. Monotone en repetitieve muziek is slechts een uitdrukking van ons agonistische leven, verarmd door angst en vrees. Als we het leven opvatten als beweging, wordt echte existentiële vernieuwing - het scheppen van ons eigen leven - bevorderd door muziek die deze eigenschappen in zich draagt: een melodie rijk aan harmonieuze variaties, texturen en nuances, ritmische passages van verschillende intensiteit, enz. Deze intrinsieke creativiteit neutraliseert mechanische motorische reacties en opent de weg naar spontaniteit.
De delicate ruimte van menselijke communicatie heeft ook gepaste muziek nodig. Hoevelen van ons hebben last van die "ontmoetingen" tussen vrienden die getint zijn met lawaai en geschreeuw? Dit betekent niet dat de mogelijkheid van een oprechte uitwisseling alleen in stilte en rust kan ontstaan, maar dat voor de integratie en ontwikkeling van affectief-motorische potentiëel (het samenzijn met de ander) muziek nodig is die de gevoeligheid wekt die nodig is om feedback-circuits tot stand te brengen.
Intimiteit (van "intimar" - in contact komen) vereist een muzikaliteit die past bij deze verbindende energie en kracht. Die kan gevonden worden in de dynamische spanning van een swing of in de zachte lichtheid van een adagio. Het essentiële is dat het die vitale aanwezigheid brengt die, als een poëtische bries, de leegte en afstand die mensen gewoonlijk van elkaar scheiden, overwint. Dit soort liefdevolle energie is alleen te vinden in een echt artistiek werk. Het leeft daar vanaf het moment van zijn conceptie. En zelfs daarvoor, als een onvervreemdbaar embryo in het hart van zijn auteur. Het is deze onweerstaanbare schoonheid die met een vastberaden stap naar de huid reist en zachtjes door de weefsels heen gaat tot ze de emotie raakt.
Bovendien is er een suggestief potentieel dat verder gaat dan emoties. Sommige muziek heeft een krachtig mobiliserend effect op archetypische psychomotorische structuren en bevordert een directe reis naar het onbewuste, naar dat tijdloze en onbekende moment waar noten en ritmes ook mythen hebben gesmeed door een klank te geven aan het collectieve geheugen. Muziek van de aarde, met haar rituelen van vruchtbaarheid en voeding; van water, de warme vruchtbaarheidssymfonie, de eeuwige terugkeer. Golvende muziek in de genitale verleiding van de slang. Muziek van vuur, van het vergankelijke, van moed en transformatie. Snaren en bugels, de triomfantelijke fanfare van de held. Muziek van de engelen, het goddelijke kind, de zoete melodie van de sferen. Muziek is een subtiel weefsel waar doorheen akkoorden uit alle tijdperken bewegen. Echo's waarin het dierlijke, het kosmische en het menselijke samensmelten in een majestueuze synthese.
De geluiden van de stilte
Het wordt onmogelijk om serieus over muziek te praten zonder het over stilte te hebben. We zouden bijna durven zeggen dat alle inspanningen voor onderzoek en methodologische ontwikkeling in de muziek uiteindelijk leiden tot dat cruciale moment waarop apparaten en platen hun betekenis verliezen voor de monumentale aanwezigheid van de stilte.
Stilte is de grootste muzikale verovering en waarschijnlijk een van onze beste bondgenoten. Zij bevat alle mogelijke muziek, niet alleen in de zin van kiemkrachtige leegte (niets is verder van stilte verwijderd dan die steriele leegte waarin alle scheppende wil ontoereikend wordt). Stilte is die rijke en levendige ruimte van volledigheid die ontstaat wanneer de klanken al alles over zichzelf hebben gezegd. Wanneer nuances, timbres en kleuren hun volledige potentieel tot uitdrukking hebben gebracht en zich zo in een nieuwe dimensie gaan organiseren. Muzikale stilte is dus een culminerende ervaring; een andere ordening, die alleen door de vivencia kan worden waargenomen en geassimileerd.
"Alle bestaan is relatie", zei Alan Watts. In de volheid van de stilte zal de dans in ieder van ons zijn eigen onuitsprekelijke klank hebben. De bruidsmuziek van onze intimiteit met de grootsheid.
Een ontroerende reis
Biodanza is een systeem van expressie van potentieel door integrerende vivencias. In dit kader kan het "lichaam" (evenals de "geest") alleen worden opgevat als een aspect van het geheel. Zoals de snaar en de strijkstok op zichzelf niets voortbrengen, maar het in hun contact is dat die vibrerende noot ontstaat die ons een boodschap van eenheid onthult, zo stelt Biodanza een holistische benadering voor die in staat is de platonische dissociatie te overstijgen en ons de oorspronkelijke integratie terug te geven. Door haar toegang tot identiteit heeft de muziek alle sleutels en deze hartstochtelijke stroom die ons naar nieuwe en onbekende ruimten leidt. Emoties en bewegingen dansen er het grote feest van het Zijn.
De conceptuele basis van Biodanza komt voort uit een meditatie over het leven, uit
het verlangen om herboren te worden vanuit onze afgeslachte gebaren. Rolando Toro Araneda
De geschiedenis van de menselijke beweging is ook de geschiedenis van de mensheid. Alle historische perioden hebben gevolgen gehad voor de lichamelijkheid. In deze tekst wil ik meer specifiek nadenken over de historische periode die gekenmerkt wordt door mechanisatie en hoe dit de lichamelijkheid beïnvloedt en dus bepalend is voor de manier waarop de mens zich in de afgelopen eeuwen heeft bewogen.
De beschouwingen van de filosoof René Descartes waren bepalend voor het wereldbeeld van de moderne tijd. Descartes stelde de suprematie van de rede over de lichamelijkheid voor. Het lichaam is voor hem een machine die gemaakt is om de rede te dienen.
Het dualisme geest-lichaam is geen Cartesiaanse uitvinding, maar we kunnen zeggen dat Descartes deze scheiding accentueerde.
Descartes' rationele visie loopt gelijk met de technologische vooruitgang in de tijd. In de Middeleeuwen was er, gezien de sterke discipline in katholieke kloosters, behoefte aan een maat voor tijd die een verdeling van taken gedurende de dag op basis van deze maat mogelijk maakte. Uit deze periode stammen de grondbeginselen van de mechanische tijdmeting. Vanaf de 14e eeuw, gezien de behoefte aan adequate instrumenten voor de grote navigaties met behulp van mechanische klokken - die aanvankelijk enorm groot waren en zich in kerktorens bevonden - werden deze geleidelijk kleiner en werden ze gemeengoed op de werkplek en thuis.
We kunnen vaststellen dat de mechanische meting van de tijd vanaf het begin de lichamelijkheid heeft beïnvloed, met als doel het organiseren en creëren van een methode in de menselijke routine, het standaardiseren van bewegingen en praktijken.
De mechanisatie van de tijdmeting komt echter op een moment van grote technologische vooruitgang die de ambachtelijke productie geleidelijk zal vervangen door de mechanisatie van de grootschalige productie door machines die de menselijke arbeid vervangen.
Om een idee te krijgen van de lichamelijke dimensie van deze verandering moeten we denken aan de levensstijl van de ambachtsman. De ambachtelijke productie in de stedelijke centra van de 16e en 17e eeuw gebeurde in kleine groepen of zelfs door één enkele ambachtsman die het hele proces voor zijn rekening nam. In het algemeen was er geen strikte arbeidsverdeling of strikte controle van tijd of productie. Dat wil niet zeggen dat er ideale werkomstandigheden waren, want de stedelingen hadden over het algemeen geen sanitaire voorzieningen en de burgers waren meer georganiseerd volgens defensiestrategieën dan voor het welzijn van de bewoners. Toch kunnen we zeggen dat de productie in zekere zin geen beslissende invloed had op de organisatie van de beweging. Niet-repetitief handwerk, waarbij de arbeider zich bewust was van het hele productieproces, maakte meestal een verbinding met dans - zinvolle beweging - mogelijk.
Het fenomeen dat de industriële revolutie wordt genoemd, begon in de 18e eeuw in Engeland. In die tijd vervingen grote machines, aanvankelijk aangedreven door stoom, een deel van het werk dat voorheen door ambachtslieden werd gedaan. Er is dus een zeer radicale verandering in de sociale structuur. De eigenaar van de machine is niet rechtstreeks betrokken bij het productieproces, maar heeft een groot aantal mensen in dienst die deel gaan uitmaken van dit proces door met de machines te werken.
Hierdoor ontstond een nieuwe beroepscategorie van mensen die hun arbeidskracht verkochten in ruil voor een klein deel van de door de productie gegenereerde waarde (toegevoegde waarde). Dit type relatie, dat ook nu nog de productie in onze samenleving bepaalt, begon op een brutale manier. De werknemers varieerden van kinderen tot bejaarden, vrouwen en mannen met werkdagen tot 16 uur. Een situatie die pas veranderde met de organisatie van arbeiders in vakbonden.
De veranderingen in de menselijke beweging als gevolg van deze historische periode zijn zeer belangrijk. We kunnen twee punten benadrukken:
1. Het centrale element van de produktie wordt de machine, veel efficiënter in termen van produktiviteit. De mens wordt onderdeel van de produktie als een soort "onderdeel" van de machine. In zekere zin maakt hij deel uit van de tandwielen. Hij is als een tandwiel, een onderdeel zonder speciale betekenis dat in geval van storing kan worden vervangen door een ander.
2. De werknemer is zich niet meer bewust van het hele produktieproces. Hij wordt meestal slechts op één punt in het proces ingezet met repetitieve en betekenisloze bewegingen. Zijn beweging is betekenisloos, leeg van alle creativiteit en identiteit. De mens is een onderdeel van de machine. Tijdens de repetitieve bewegingen is er een brutaal proces van geest-lichaamsdissociatie. De geest vaart naar andere sferen buiten de huidige tijd en ruimte van de fabriek.
Aan het begin van de 20e eeuw hadden fabrieken steeds geavanceerdere productielijnen. Taylor bestudeerde de organisatie van omgevingen en machinisten om tot een economie van gebaren te komen. Volgens hem werd een deel van de energie die voor de productie gebruikt zou kunnen worden, verspild door bewegingen die er niet op gericht waren. Taylor beïnvloedde de hele organisatie van hedendaagse omgevingen in de zoektocht naar absolute en niet verspilde objectiviteit in de productie van consumptiegoederen. De arbeider aan de productielijn begint met afgemeten en gecontroleerde gebaren om al zijn motorische energie naar de hem opgedragen taak te kanaliseren.
Pas aan het eind van de 20e eeuw merken we dat deze repetitieve en betekenisloze gebaren een chronische afstand tot het hier en nu genereren, een staat van desintegrerende trance waarin de persoon dag na dag, vele uren per dag van zichzelf afwezig is. Het gevolg is een reeks gezondheidsschade, zowel lichamelijk als geestelijk.
Al in de jaren tachtig was bekend dat het belangrijk is dat de werknemer betrokken is bij alle onderdelen van het productieproces en betekenis geeft aan wat hij produceert. Anders worden zij ziek, hetzij door psychosomatische of psychiatrische ziekten, hetzij door arbeidsongevallen.
Deze vaststelling leidt ons rechtstreeks tot de vaststelling dat de zogenaamde lichaamsbewegingen rechtstreeks verband houden met de gezondheid en dat de kwaliteit van deze bewegingen bepalend is voor de kwaliteit van het leven en de manier waarop men de wereld waarneemt en ermee omgaat.
Uiteindelijk komen we aan het begin van de 21e eeuw terecht in een hypertechnologische maatschappij waar produktieprocessen bijna al quasi-geautomatiseerd zijn en handmatig werk op grote schaal wordt vervangen door high-tech apparatuur.
Wat zijn de onvermijdelijke gevolgen voor de lichamelijkheid? Wat voor soort beweging stelt deze maatschappij voor? Gaan we de mechanisatie voorbij of komen we in een meer gesofisticeerde versie ervan terecht?
We leven momenteel in een wereld die onlosmakelijk verbonden is met mechanisering, een historisch proces dat de aard en ook de relatie van de mens met zichzelf drastisch heeft veranderd.
Hoe kunnen we vandaag leven zonder licht, zonder stromend water, zonder internet, zonder telefoon, zonder auto, zonder trein, zonder vliegtuig en alle andere technologische apparatuur? We zouden volkomen ontoereikend zijn als we teruggingen naar het leven van 50 jaar geleden.
We stappen geleidelijk af van de noodzaak om ons direct bezig te houden met repetitief en niet-creatief werk en we kunnen dit zien als een uiterst bevrijdend gegeven. We mogen echter niet vergeten dat onze huidige economische structuur wordt aangedreven door consumptie.
Het creëren van een virtuele wereld die steeds onmisbaarder en absorberender wordt, heeft geleid tot een "pacificatie" van bewegingen. Fijne motoriek, vingerbewegingen en urenlang staren naar een scherm hebben de interactie met de niet-virtuele wereld bemoeilijkt. Niet-virtuele interactie vereist zweet, spieren en aandacht in meerdere richtingen. Ziekten die verband houden met repetitieve handbewegingen nemen toe, evenals bijna epidemische obesitas.
Virtualiteit, globalisering en consumptie creëren een mens die enerzijds passief is en anderzijds geïrriteerd, omdat hij gewend is aan de onmiddellijke resultaten van de computer. De subtiele details van menselijke interactie gaan radicaal verloren, en dat gebeurt in het virtuele meer terloops dan in directe interactie. Resonantieverschijnselen die gebaseerd zijn op deze directe interactie gaan verloren, met als gevolg moeilijkheden in menselijke relaties, gebrek aan empathie en emotioneel ongemak.
De geneeskunde vestigt de aandacht op de ziekten die worden veroorzaakt door een zittende levensstijl en vandaag de dag ontstaat er een nieuw soort praktijk, die steeds wijder verbreid raakt, waarin lichaamsbeweging wordt gezien als een noodzaak voor de gezondheid. Het is in feite noodzakelijk om onze inerte levensstijl te compenseren.
Het is echter belangrijk na te denken over de manier waarop dit gebeurt en over de beweegredenen. Vaak weerspiegelt en versterkt het een diepe geest-lichaamsdissociatie. Het gebrek aan gewaarwording van lichamelijke sensaties is oorzaak en gevolg van een consumerende levensstijl. Lichaamsbeweging wordt beoefend als een verplichting en alsof het lichaam een dier is dat de hele dag in een gevangenis opgesloten zit. Daarom is het belangrijk het van tijd tot tijd uit te laten, liefst onder controle, in de vorm van woede.
Degenen die sporten hebben vaak een motivatie om hun lichamelijke gezondheid en esthetische schoonheid te behouden. Het lichaam is hierbij een doel dat goed verzorgd en behouden moet worden.
Maar gelukkig brengt de geboorte van het nieuwe millennium een dringende behoefte aan verandering met zich mee. Nog steeds beïnvloed en in zekere zin goedgelovig over de mogelijkheden die de technologische vooruitgang genereert, heroverwegen veel mensen hun relatie tot consumptie en brengen zij een integratieproces op gang waarbij lichamelijkheid en spiritualiteit samengaan in de zoektocht naar een integraal wezen.
De mensheid bereikt een extreme dissociatie, maar zoals bij elke piek, is er een terugval, in dit geval een kans op verandering.
Rolando Toro, bedenker van Biodanza, stelt voor dat we herboren worden uit onze uiteengevallen gebaren.
Hij stelt dat wij onze gebaren zijn. Het heeft geen zin voorwerpen aan te schaffen en verschillende praktijken voor te stellen als we niet intens betrokken zijn bij wat we doen. Deze betrokkenheid is een herstel van lichamelijkheid. Alles wat we in ons dagelijks leven doen heeft betekenis en kan ons hele wezen omvatten. Als we het belang van elk van onze handelingen inzien en er de dans van ons bestaan van maken, hebben we heel eenvoudige dingen nodig om te leven. Geluk en vervulling staan ver af van het verwerven van dingen. Levensvreugde en welzijn zijn verbonden met de kwaliteit van het gebaar en de beweging van elke handeling van mijn bestaan. Integrale gezondheid is onlosmakelijk verbonden met het dansen van je leven.
Als ik de ander ontmoet, begin ik informatie over mezelf te krijgen.
Rolando Toro Araneda
Het thema inclusie is nauw verbonden met het feit dat we weten en waarnemen dat we compleet zijn. Vanaf het moment dat we waarnemen dat er "iets ontbreekt", dat de ander "tekortschiet", is het mogelijk dat dit een weerspiegeling is van onze waarneming dat we ons onvolledig voelen, van onze eigen tekortkomingen. Het is ook mogelijk dat wanneer we iets uitsluiten, we iets van onszelf niet accepteren.
Als relationele wezens hebben we communicatieniveaus die voornamelijk non-verbaal zijn. Laten we dus eens nadenken over wat ons vanaf het begin verbindt, wat ons op een diepgaande manier verbindt en ons deel van het Leven maakt.
Iets dat ons in staat stelt onszelf te herkennen als een vorm van leven: uniek, onvervangbaar, zo dicht mogelijk bij perfectie en deel van het universele weefsel. We zijn weefsels (cellulair, musculair, neuronaal) en tegelijkertijd maken we als soort deel uit van een groot weefsel en zelfs van een kosmisch weefsel, dat voortdurend in beweging is. In die zin is elk wezen een knoop die het geheel maakt, maar het is een organisch materiaal, wat betekent dat we soms de mogelijkheid hebben om te knopen, te ontknopen of opnieuw te knopen; wetende dat dit de rest van het weefsel mobiliseert en (affectief) beïnvloedt. Een van de essentiële componenten die ons individueel, als groep en universeel verbindt, is beweging.
Beweging maakt deel uit van het leven; als levende wezens zijn we wezens van beweging. Beweging heeft de eigenschappen van samentrekking, expansie, vloeibaarheid, elasticiteit, oscillatie enzovoort. Als we onszelf erkennen als wezens van beweging, moeten we weten dat deze kwaliteiten op elk niveau bij ons horen, zelfs existentieel. Veel voorkomende bewegingen zijn onder andere lopen, handen vasthouden in een cirkel en springen. Ze worden in elk persoon op verschillende manieren uitgedrukt. Als we het in Biodanza bijvoorbeeld over stappen hebben, bedoelen we voorwaarts bewegen, wat een existentiële reactie teweegbrengt. Het is daarom mogelijk om zoveel manieren van voorwaarts bewegen in het leven te vinden als er mensen in de groep zijn.
Het doel is dat de identiteit van ieder mens zich ontwikkelt binnen een groep. De groep vormt de matrix, de plaats van omhulling: zonder oordeel, veronderstelling of inmenging die deze ontwikkeling beïnvloeden. Inclusie geldt in deze zin voor alle mensen die deelnemen aan de sessie: inclusief de facilitator. Het is geen kwestie van beslissen om iemand in het bijzonder op te nemen, van kiezen of discrimineren.
Biodanza brengt archetypische dansen en bewegingen samen om inclusie te ervaren. In het geval van de krings zijn het gemeenschapsgevoel, het deel uitmaken van, en het respect voor ieders individuele ritmes duidelijk. In mijn werk met ouderen en jongeren in revalidatie heb ik ontdekt dat beweging, muziek en groepsontmoetingen, zoals voorgesteld door Rolando Toro Araneda - die dit systeem ontwikkelde - iedereen onmisbaar maken, zodat ze zich niet langer afgewezen of overbodig voelen. De groep is een matrix die gevormd wordt door elke persoon en zijn manier van in de wereld staan.
Weten hoe je een ja (uitbreiding) of een nee (inkrimping) kunt ontvangen en aanbieden maakt deel uit van gezonde communicatie, en dit is alleen mogelijk in een omgeving waar waardeoordelen, aannames of bemoeienissen met levensvormen beperkt zijn. Ten slotte is elke persoon, behalve een facilitator of deelnemer, een wezen dat meebrengt wat hij of zij is, dat kalmte begrijpt als deel van beweging, stilte als deel van geluid, de communicatie van een ja of een nee als deel van de ontmoeting.
We bouwen geen huis om thuis te blijven,
we hebben niet lief om verliefd te blijven,
en we sterven niet om te sterven.
We hebben de dorst en
het geduld van het dier.
Juan Gelman
In ons, die zo modern en zo beschaafd zijn, zo opgevoed door rede en berekening, klopt de oorspronkelijke impuls van de stam nog steeds. Lang voordat er sociale contracten waren, hutten en klassen, voordat we in steden of zelfs dorpen leefden, was er de stam. En het stamgevoel blijft bestaan onder het dikke pantser van morele en sociale onderdrukking. We kunnen het zien opkomen in staten van regressie en trance, maar ook in concerten en toestanden, die zo vervuild zijn door identificatie en consumentisme. In deze gevallen heeft de samensmelting van het lichamelijke en het emotionele geleid tot een tribaal fenomeen dat meer is dan een menigte mensen bij elkaar. In deze 'groepelijkheid' herbeleven we het tribale gevoel dat ons terug verbindt met de soort en daarmee met de universele matrix.
Ik weet dat sommige mensen zich afvragen: Waarom zouden we, in deze tijden van vooruitgang, zoiets archaïsch als het stamgevoel dat in ons huist, herstellen? Betekent dit niet dat we achteruitgaan, onszelf betrekken bij verouderde stadia van de menselijke geschiedenis?
In plaats van een terugtrekking of een involutie, begint het herstel van het tribale gevoel gezien te worden als de grondlegger van een nieuwe vorm van verbondenheid die dichter bij het vivenciele dan bij het sociale staat. Volgens Michel Maffesoli zijn de manieren waarop mensen met elkaar communiceren en interageren, die sterk geritualiseerd en lokaal zijn, belangrijk in de nieuwe vormen van groepering, waarbij ze andere waarden ontwikkelen. "In die zin is tribalisme, voordat het politiek, economisch of sociaal is, een cultureel fenomeen. Een ware spirituele revolutie. Een revolutie van gevoelens die de vreugde van het primitieve, inheemse leven benadrukt. Een revolutie die het archaïsme in al zijn fundamentele, structurele en oeraspecten versterkt. Allemaal dingen, daar zijn we het over eens, die ver afstaan van de universalistische of rationalistische waarden van de huidige machthebbers" (Michel Maffesoli).
Voor Biodanza in het bijzonder is het heel belangrijk om de waarde en betekenis terug te vinden van wat we 'het tribale' noemen, vooral als een andere vorm van groepering, omdat de methodologie van Biodanza gebaseerd is op het fenomeen van regressie als een manier om identiteit te structureren, en regressie is in essentie een primair en tribaal fenomeen.
Maffesoli durft veel verder te gaan door een nieuw concept voor te stellen dat regressie omvat maar ook de waarde van het moment terugvindt. Hij zegt: "Ik stel momenteel een andere term voor: 'ingrés', die, net als wat we in bepaalde Romaanse talen vinden (Spaans, Italiaans, Portugees), het feit benadrukt dat er een pad kan zijn zonder doel, een reis die niet eindigt. Binnengaan (in-gressa) zonder vooruit te gaan (pro-gressa). Dit is waar het volgens mij om gaat bij onze hedendaagse stammen. Het gaat hen niet om het te bereiken doel, het te bereiken economische, politieke of sociale project. Ze geven er de voorkeur aan om 'binnen te gaan' in het plezier van het samenzijn, om 'binnen te gaan' in de intensiteit van het moment, om 'binnen te gaan' in het genieten van deze wereld zoals hij is. Er zijn therapieën (hij kent Biodanza) die gebaseerd zijn op het principe van regressie. Waarom zouden we, met de semantische correctie die ik zojuist heb gemaakt, niet een soortgelijke procedure voor het sociale leven kunnen bedenken? Laten we naar Prediker luisteren: "rivieren keren terug naar hun bron om opnieuw te stromen". Soms is er in de beschaving een houding van "binnendringen" die een nieuwe sociale heropleving aanmoedigt. Dit zet ons aan om een diepe duik te nemen in het collectieve onbewuste. Hiermee bedoel ik het serieus nemen van de gedeelde fantasieën, droomervaringen en speelse manifestaties waarmee onze samenlevingen herontdekken wat hen verbindt met het archetypische substraat van de hele menselijke natuur.
Ik wil graag zeggen dat ik geraakt ben door de hechte en gevoelige visie van een auteur die als weinig anderen zo duidelijk weet uit te drukken wat wij in Biodanza doen, en daarom heb ik de haakjes na zijn opmerking over "therapieën gebaseerd op het principe van regressie" toegevoegd, omdat ik weet dat hij Biodanza kent en omdat ik geloof dat hij ons theoretisch materiaal brengt dat wij niet hadden.
In Biodanza zien we identiteit als een dynamisch proces dat voortdurend verandert en zich ontwikkelt in en door middel van vivencia, maar dat altijd de relatie of co-vivencia met de ander(en) inhoudt die de ontwikkeling en uitdrukking van deze identiteit voltooit. Identiteit is doordrongen van de actie van anderen. De vooringenomenheid waarmee onze cultuur aandringt op individualisme als synoniem voor sociale vooruitgang is dus niet langer bestand tegen een gezonde analyse en heeft duidelijk laten zien dat het niets meer is dan een middel om macht te behouden, het lege omhulsel van een paar instellingen en om de pluriforme en creatieve uitdrukking van identiteit te onderdrukken.
Aan de andere kant is het pathetisch om te zien hoe bepaalde gesloten machtscircuits, vooral in de rechterlijke macht en in de conservatieve partijpolitiek, bepaalde groepen jongeren ervan beschuldigen sektarisch te zijn omdat ze hun ideeën of creaties uiten of vanwege hun gedrag, waarmee ze hun eigen dominante sektarisme verhullen, dat niet wordt geleid door de affecten en emoties die de zin van de stam zijn, maar door de repressieve regels die maffiaclans vormen.
Groepsgevoel en solidariteit
Het element dat het netwerk van groepering en de stam creëert is solidariteit. In de emotionele terugkeer naar de oorspronkelijke menselijke matrix ligt de band van solidariteit. Je moet echter begrijpen dat de solidariteit waar we het over hebben geen moreel concept is, het product van een plicht om te zijn die de prijs zoekt die de soms ongewenste inspanning van solidair zijn beloont. Dit was de opvatting van een valse solidariteit die de macht oplegde als synoniem voor barmhartigheid, waarbij zij die hebben en kunnen hun macht en hun afstand tot de ander versterken door aalmoezen te geven. Ik spreek van solidariteit als het resultaat van een verlangen om veel meer te delen dan wat de ander nodig heeft, om te delen met een plezier dat alleen ontstaat bij een echte ontmoeting. Deze solidariteit is specifiek voor de soort of, om het anders te zeggen, is specifiek voor het Leven, omdat het Leven in zijn essentie een fenomeen van solidariteit is.
Het is essentieel dat Biodanza zichzelf voorstelt als een methodologie die ontmoetingen op dit niveau mogelijk maakt, en het hele systeem, met zijn oefeningen gericht op affectieve integratie, is gericht op het bereiken van dit niveau van solidariteit. Om dit te bereiken, zelfs op kleine schaal, moeten we de manier waarop we met elkaar omgaan veranderen. Waar hangt het bereiken van deze doelen van af? In principe van het niet reproduceren van de communicatie- en dominantiepatronen die hebben geleid tot de dissociatie waaraan we lijden. Als de begeleider van een Biodanza groep de houding aanneemt van een charismatische leider die de waarheid in pacht heeft en met wie de leden van de groep zich moeten identificeren, dan zouden we dezelfde sektarische modellen ontwikkelen die de instituten vormen die ons hebben opgeleid. Als de begeleider daarentegen zijn relatie met de groep horizontaal maakt, d.w.z. het systeem niet gebruikt als een schild van het valse zelf ("De Meester") en interageert op basis van affect en contact, dan zullen de leden van de groep niet bang zijn om hun identiteit uit te drukken, omdat ze de solide steun voelen om te kunnen zijn zoals ze willen zijn.
Dit groepsnetwerk, dat een "schoot van wedergeboorte" is, zoals Rolando Toro het zegt, vormt de basis van de therapeutische werking van Biodanza. Vivencia, identiteit, ontmoeting, co-vivencia, groep, vormen een dynamische Gestalt die de dans van het leven mogelijk maakt. Binnen deze schoot worden rituelen ontwikkeld die de primaire modellen van het menselijk fenomeen actualiseren.
Deze affectieve en voedende "groepelijkheid" heeft niets te maken met het idee van de groep als een verzameling geïsoleerde ego's, waar interactiemodellen gebaseerd zijn op projectie, negatie en rationalisatie. In deze pseudo-groepen, of anti-groepen zoals sommigen ze noemen, ontwikkelen zich de modellen van overheersing en controle die zo gebruikelijk zijn in onze cultuur, vooral in bepaalde dogmatische religieuze groepen en in extremistische anti-politieke bewegingen, waar conservatief en xenofoob sektarisme wordt verkondigd.
De levensdans die Biodanza voorstelt is veel meer dan een dans voor persoonlijke ontwikkeling, het is het herstel van de gemeenschappelijke schoot van de menselijke soort. Niet alleen het kudde-instinct, benadruk ik, maar de geest van solidariteit die de "samen-eenheid" bouwt, de gemeenschap die de uitdrukking is van identiteiten die voortkomen uit de voortdurende vivencia van de ontmoeting met de ander(en). In het oneindige weefsel van ontmoetingen en scheidingen keert de mens terug naar het dans-zijn.
Het woord poëzie komt van het Latijnse poësis, dat op zijn beurt is afgeleid van een Grieks begrip dat "scheppen" betekent.
In 1970 stelden de biologen Francisco Varela en Humberto Maturana het neologisme "autopoiesis" voor om te verwijzen naar de existentiële toestand van levende wezens in voortdurende zelfschepping.
Vanuit dit gezichtspunt lijkt de levende wereld een cirkelvormig fenomeen in een constant scheppend proces, een onophoudelijke stroom van energie waaruit het meest tastbare van alle mysteries, het meest alledaagse van alle wonderen, voortdurend tevoorschijn komt: het Leven.
Na onze individuele dood houdt het leven nooit op. Individueel zijn we sterfelijk, maar collectief zijn we eeuwig. Er is een vitaal continuüm, een evolutionair pad waarvan wij wandelaars en voetafdrukken zijn. Als we het zouden kunnen verlaten, als we in de voetsporen zouden kunnen treden van alle levende wezens van alle tijden, zouden we het mysterie van onze oorsprong kunnen ontsluieren. Of misschien zouden we merken dat we een spiraalvormig pad bewandelen, zonder begin en zonder einde. Op zijn minst in onze verbeelding zouden we deze reis kunnen ondernemen, misschien zouden we verschijnen, ontdekken dat het leven nooit is gestopt en in onze unieke kans om vandaag levend te zijn, dat we de eeuwigheid in ons dragen.
Geboren worden, spelen, dromen, de liefde bedrijven en kinderen krijgen zijn allemaal poëtische handelingen die subtiel tot ons spreken over onze oneindige natuur. In elk vitaal gebaar zijn we de verzen van een onvoltooid gedicht; we zijn de metronoom van de muziek die begon met de eerste tel.
Het zou dus verstandig zijn om nooit te wennen aan het bestaan. Verlies nooit het wonder van het in leven zijn. Om een dankbaar lichaam te zijn dat liefheeft en danst met alles in deze wereld. Uitgaan van onze numineuze toestand (*), niet als een eenvoudige weg naar verlichting, maar als een immanente voorwaarde van de handeling van het leven, als de vreugde die voortkomt uit het gevoel dat we de continuïteit van het leven zijn.
(*) Noot van de vertaler: naar het einde van zijn Leven toe sprak Rolando Toro Araneda ook vaak over het Numineus Onbewuste. Daarbij benadrukte hij dan volgende begrippen: Liefde, Verlichting, Moed en Intase.
Ademen
is het uitoefenen van de overvloed van het bestaan
elke seconde de intuïtie hebben
de onvoorwaardelijke bron van energie
de slinger van afstanden
de wetten van evenwicht
van vertrouwen
en de afgrond...
Wij zijn de instroom van een eeuwige bron
de creatieve impuls van Niets
die ons de kracht geeft om onszelf te manifesteren...
Het had iets anders kunnen zijn
het had kunnen ontstaan in de grenzen van een ander heden
afgedreven in een andere chaos
opnieuw verschijnen in andere lichamen...
maar het was Leven
een adem van vrijheid
de verleiding van een wonder en materie
die afdrukken achterliet aan deze kant van de oneindigheid
op zijn weg terug naar de oorsprong...
Wat gebeurt er als de emotionele behoeften van mensen in de vroege kindertijd niet volledig worden vervuld? Dat was de vraag die Jean Liedloff zich stelde toen hij zijn boek "Het concept van het continuüm" schreef. Tijdens het observeren van de Yekwanas, een stam in het Amazonewoud op de grens tussen Venezuela en Brazilië, was ze totaal onder de indruk van hun levensvreugde; hun affectiviteit in de vorm van samenleven, hun buitengewone vermogen om van het leven te genieten en vooral de vriendelijke en respectvolle houding tussen mannen en vrouwen, tussen volwassenen en kinderen en tussen laatstgenoemden onderling. Hierdoor vroeg hij zich af waarom deze mensen, die zo weinig middelen hadden en bijna in het stenen tijdperk leefden, emotioneel zo 'geëvolueerd' waren.
Affectiviteit en het belang ervan in de eerste levensjaren is een gebied dat anderen al eerder hebben bestudeerd. Veel auteurs hebben nagedacht over de ontwikkeling van kinderen en de gevolgen van emotionele ontbering.Maar Jean Liedloffs unieke benadering is dat ze niet begon met het observeren van onze tekortkomingen, wat we missen of wat we zijn kwijtgeraakt in onze beschaafde omgeving, maar door aan te komen, of beter nog, door geconfronteerd te worden met deze tekortkomingen door een wereld te vinden waar emotionele voeding en vitale stimulatie in overvloed aanwezig zijn. Het was niet haar bedoeling om op zoek te gaan naar iets vooropgezet; ze was op zoek naar diamanten en ze vond iets dat kostbaarder was dan een steen. Aspecten als emotionele harmonie, tederheid, emotionele expressie en vreugde zijn geen gemeengoed in onze grote steden, waar de prijs belangrijker is dan de waarde.Noch religies die over liefde spreken maar doden in de naam van God, noch scholen vol autoritarisme, noch gezinnen waar we discriminatie koesteren, zijn ruimtes die rijk zijn aan vitaliteit, affectiviteit, creativiteit of sensualiteit. Integendeel, het zijn emotionele woestijnen, waar wat Liedloff het continuüm met onze evolutie als soort noemt, is afgebroken en waaruit we niet de primaire voeding hebben kunnen halen die essentieel is voor de ontwikkeling van onze identiteit.
Voor het type beschaving dat we hebben gecreëerd, is dit verre van een probleem. Het huidige kapitalistische systeem, dat we voortdurend reproduceren, leeft van de emotionele woestijn en het is in zijn belang om deze uit te breiden. Terwijl het de bronnen van primaire bevrediging opdroogt, zoals liefde en tederheid, verkoopt het ons de objecten van secundaire bevrediging, zoals status, geld en alle consumptieobjecten die daar omheen draaien.
Dit is het evolutionaire pad dat we als beschaving zijn ingeslagen. We hebben het opgegeven om het leven te consomeren (consumar), dat wil zeggen het te laten ontkiemen, het te creëren, waarvoor we gevoed moeten worden door liefde, en we hebben geaccepteerd om het leven te consumeren (consumir), dat wil zeggen het te beschouwen als iets vreemds of externs aan ons, iets dat we moeten kopen of verkopen, waardoor het veranderd is in handelswaar, een object van consumptie en transactie.
We zijn een etnocentrische beschaving die de mensen om ons heen alleen maar ziet als projecties van onszelf, en wanneer we andere culturen observeren, doen we dat met parameters die de evolutie verkeerd inschatten, zoals "ze zijn aangekomen bij, of nog lang niet, zoals wij". Op deze manier decentreerde Liedloff de menselijke kwaliteit van de Yekwanas. Toen ze de Yekwanas leerde kennen, stopte ze niet bij wat ze misten (technologie, infrastructuur, etc.) maar bij iets dat een rijkdom uitdrukte die niet gekocht of geconsumeerd kan worden maar ontwikkeld en bewaard.
Zo begon zijn zoektocht, die niets anders was dan leven met de Yekwanas. Gewoon om met hen te leven, om te zijn met wat ze kon begrijpen of beter om zich te laten besmetten door hun manier van leven. Tijdens deze vijf expedities kwam ze tot het inzicht dat de sleutel lag in het evolutionaire 'continuüm' als soort, uitgedrukt in het continuüm van de gemeenschap en de familie, eindigend in het continuüm - als een originele paradox - van de moeder-baby relatie, waarbij ze opmerkte dat deze het geleidelijke proces van onafhankelijkheid van de baby regelde zonder dat de cultuur (zoals de onze) dit continuüm doorbrak.
Daarom concludeert Liedloff: "Een cultuur die van mensen vraagt om te leven op een manier waarop hun evolutie hen niet heeft voorbereid, die niet voldoet aan hun aangeboren verwachtingen en die hen bijgevolg onder druk zet om zich ver buiten hun grenzen aan te passen, is gedoemd om schade toe te brengen aan de persoonlijkheid van haar leden".
Voor Biodanza facilitators is dit een grote uitdaging en, als we ons openstellen voor reflectie, roept het enorme vragen op.
Kunnen we ons systeem gebruiken om de breuk in het continuüm te herstellen?
Kunnen we de primaire en essentiële aspecten die in onze vroege kindertijd hadden moeten bestaan terugvinden wanneer we nu volwassen zijn?
Kan de Biodanza groep een bron van emotionele bronnen zijn die werkt als moedercellen om de emotionele wonden van identiteit te herstellen?
En vooral, hebben de facilitatoren verbinding met het continuüm van het leven hersteld?
Mijn antwoord is dat deze dingen mogelijk zijn als de facilitator het belang van affectiviteit voor identiteitsvorming begrijpt. Het is belangrijk voor Biodanza facilitatoren om te weten dat ze, door ruimtes voor affectieve voeding te scheppen, helpen om de culturele modellen van onze beschaving te veranderen en zo het vermogen om het leven te consumeren (consumar) terug te krijgen.
Maar dit impliceert ook dat als ze het fundamentele belang van affectiviteit voor het herstel van het continuüm niet begrijpen, hun Biodanza praktijk zal afglijden naar een persoonlijke show, een egoïstische reis die klanten aantrekt die gretig zijn naar consumptie, maar zonder iets te veranderen in hun affectieve structuur.
In Biodanza kunnen we bij elke sessie de inslag van het continuüm, het affectieve netwerk, reconstrueren. We komen naar Biodanza als 'normale' wezens (of misschien is het beter om normotisch te zeggen) aan wiens specifieke behoeften als soort niet is voldaan en, gedurende de sessie, kunnen we de langzame, onzichtbare emotionele ketting die ons opnieuw verbindt opnieuw weven.
Het is een langzaam proces dat werkt in een regressieve paradox - progressief, maar in het heden. Het is geen kwestie van achteruit gaan om vooruit te gaan - dat is slechts een voorstelling - het is een kwestie van hier en nu en in anderen op zoek gaan naar de voeding van onze oorsprong die ons maakt tot wie we zijn. En dit in een groepsmatrix, de bron van alles wat ons beïnvloedt. Het heeft dus geen zin om alleen een individuele verandering door te voeren; we moeten de culturele matrix veranderen die het gebrekkige wezen dat we zijn heeft voortgebracht. En affectiviteit is het essentiële element voor deze verandering.
De arme leiders van deze beschaving spelen een suïcidaal spel; ze moeten emotionele ontbering promoten omdat ze weten dat dit mensen in consumenten verandert. Ze spelen de val van de geprogrammeerde veroudering en leiden de grote massa's als lammeren naar de trog om altijd "iets nieuws" te consumeren (dat onmiddellijk oud wordt zodra het is geconsumeerd). Ze noemen het vooruitgang, maar het is slechts de transformatie van het menselijk fenomeen naar iets waaraan ze zelf niet kunnen ontsnappen. Volgens deze parameters van economische en sociale ontwikkeling zouden de Jekwanas bij lange na niet onze levensstandaard bereiken en zouden ze bijna in het neolithicum leven. Maar kunnen we zeggen dat zij armer zijn dan wij?
Door Jean Liedloffs concept van het continuüm te lezen, kunnen we de intieme relatie tussen evolutionaire ontwikkeling, affectiviteit en cultuur zien en nadenken over het feit dat we kunnen veranderen door minder te consumeren en meer te verbinden. De Yekwanas herinneren ons eraan dat rijkdom niet ligt in een overvloed aan goederen maar in een overvloed aan verbindingen. In hun complexe eenvoud laten ze ons zien dat menselijke samenlevingen anders kunnen zijn dan de samenleving die we kennen: vreedzaam, affectief en geweldloos. Dit is misschien wel onze grootste uitdaging als Biodanza facilitators.
Er is een nieuwe orde van denken en gevoeligheid nodig om de innerlijke ervaringen samen te brengen die filosofen, literaire genieën en onderzoekers in de Menswetenschappen het meest hebben beziggehouden.
Het is tijd om opnieuw na te denken over Liefde, Vrijheid en Transcendentie, niet als abstracte concepten maar als onmiddellijke toespelingen, lichamelijke ervaringen, namen die we kunnen geven aan onze vormen van existentiële deelname. We moeten intellectuele tradities loslaten om deze meditatie los te maken uit ons persoonlijke leven, uit onze wanhoop - zoals Kierkegaard zou zeggen - uit onze biologische behoefte aan liefde en transcendentie.
Door de geschiedenis heen heeft de mensheid gestreefd naar een steeds grotere mate van innerlijke vrijheid. Dit betekent dat ze door middel van ideologieën, religies en niet aflatende filosofische vragen heeft geprobeerd zich te bevrijden van verschillende vormen van conditionering.
Hedendaagse denkers zijn buitengewoon bezig geweest met het vraagstuk van onderdrukking en vrijheid.
Marx hekelde het proces van vervreemding in het kapitalistische systeem. Theodor Adorno onthulde de pathologische mechanismen van fascistische onderdrukking door de autoritaire persoonlijkheid te bestuderen. Erich Fromm en Marcuse analyseerden de onderdrukkende structuur van de westerse beschaving. Paulo Freire stelde de verborgen vormen van onderdrukking in onderwijssystemen aan de kaak. Wilhem Reich onthult op dramatische wijze de vormen van seksuele onderdrukking en hun psychosomatische gevolgen. Rogers onderzoekt de vele vormen van liefde en hun verontrustende componenten van vrijheid en onderdrukking. Ronald Laing, David Cooper, Franco Basaglia, Leon Bonaventure en Claude Steiner stellen de traditionele psychiatrie en psychologie aan de kaak als structuren van onderdrukking.
In de filosofie onderzoekt Carl Jaspers het probleem van vrijheid in het licht van de noodzaak van transcendentie, en Heidegger, als een ontologische voorwaarde. Sartre en Camus zien vrijheid als de hoogste uitdrukking van het existentiële proces, in die zin dat de mens, 'geworpen' in de wereld, gedwongen wordt om te kiezen; hij is verplicht om vrij te zijn.
Dit korte overzicht van de verschillende perspectieven op vrijheid laat zien hoezeer de twintigste-eeuwse mens bezig is met het onderzoeken van de vormen van interne en externe conditionering waaraan hij is onderworpen.
Er zijn nog dramatischer en verontrustender voorstellen uit de ethologie en biologie, van Konrad Lorenz, Eibl-Eibesfeldt, Jacob en Monod. Hun inhoud verwijst naar de sterke determinatie van genetische boodschappen en de factoren toeval en vroeg leren, die theoretisch het kader van menselijke vrijheid zouden beperken dat bepaalde filosofen tot in het oneindige hadden uitgebreid. Tot slot stelt Julian Huxley voor dat het menselijke evolutieproces, in tegenstelling tot dat van dieren, reticulair, labyrintisch en alternatief is, wat betekent dat het menselijk leven gekenmerkt wordt door een oncontroleerbare factor van vrijheid.
De studie van verschillende culturen lijkt aan te tonen dat er in werkelijkheid geen sprake is van een toename van vrijheidsniveaus, maar eerder van de vervanging van het ene conditioneringssysteem door het andere.
Als de mensheid zich in een proces van geleidelijke bevrijding van conditionering zou bevinden, zou de uiteindelijke staat waarin ze aankomt de dood zijn, die de zone van de 'ongeconditioneerde ziel' is, of, in het beste geval, een universele vorm van dissociatie en onthechting, vergelijkbaar met wat we nu 'schizofrenie' noemen.
Het lijkt mij dat het streven naar bevrijding van alle vormen van conditionering in wezen 'anti-biologisch' is en leidt tot een verlies aan structuur en desorganisatie. Menselijke wezens zoeken intuïtief naar gestructureerde levensvormen in hun existentiële traject, niet naar geïsoleerde acties. Zelfs vanuit genetisch oogpunt is aangetoond dat we geen geïsoleerde bewegingen of afzonderlijke motorische functies hebben geërfd, maar complete handelingen, opeenvolgingen van gedragingen. Ongetwijfeld is er een diepe kracht die het leven in de richting van coherente structuren duwt.
Dit is waar de behoefte aan liefde een belang krijgt dat tot nu toe niet was onthuld: liefde is de grootste structurerende kracht in het bestaan. De behoefte aan liefde in menselijke wezens is zodanig dat, als die ontbreekt, het individu neigt naar desintegratie en dood. Het gebrek aan liefde is een biologisch ondraaglijke situatie. Als mensen het niet kunnen krijgen, vinden ze al snel pathologische oplossingen: drugsverslaving, vernielzucht, waanzin en organische ziekten. Dergelijke opties zijn altijd geprogrammeerd voor de dood.
Liefde is dus de zoektocht naar structuur en eenheid als essentiële vormen van zijn in de wereld en is, ondanks alles wat we van vrijheid mogen denken, de jubelende acceptatie van maximale conditionering in relatie tot de geliefde.
Tegelijkertijd komt vivencia in de liefde overeen met de versterking en uitdrukking tot de hoogste graad van de identiteit van de geliefden. In het liefdesproces bereikt de mens zijn maximale identiteit, wat betekent dat de transcendentie die in de liefde besloten ligt individualisme vermindert en identiteit versterkt.
Nu we dit proces hebben beschreven, kunnen we voorlopig het volgende postuleren: we beginnen met het verliezen van onze gebruikelijke conditionering om de vrijheid te hebben om lief te hebben. In dit geval heeft vrijheid een transcendente bemiddeling naar liefde. Wanneer we liefde tegenkomen, beginnen we vanuit deze vrijheid een proces van epifanisch en creatief genot, dat een nieuwe vorm van conditionering herstelt in relatie tot de persoon die we liefhebben.
Wanneer de zoektocht naar vrijheid wordt gecombineerd met individualisme en narcistische zelfbevestiging, begint een proces van destructurering en emotionele bevriezing. Bevrijding is in dit geval de uitdrukking van puur immanentisme en dit immanentisme leidt tot de dood.
De vrijheid om lief te hebben, transcendentie, de pracht van identiteit en de toename van de essentiële vivencia van het levend zijn maken allemaal deel uit van één enkel unitair proces dat het bestaan structureert.
Affectieve onthechting, individualistische deconditionering, desorganisatie en dood maken deel uit van de tegenovergestelde sfeer.
Liefde, gezien in deze context, is een energie die de evolutie van leven als leven (leven dat leven voortbrengt) in stand houdt en mogelijk maakt. Het is een "anti-entropie" proces.
Bevrijding van alle conditioneringen, gebaseerd op een individualistische stelling, induceert doodsprocessen op alle niveaus en leidt tot entropie van het universum en zijn desorganisatie.
Biodanza werkt met de krachtigste integrale kracht van het leven en benadrukt de affectieve functie, de liefde, en de realisatie van deze liefde op planetair niveau. Biodanza bevordert de zoektocht naar de voorwaarden van vrijheid om lief te hebben, met andere woorden, het tracht dodelijke vormen van conditionering om te zetten in conditionering die de integratie vergroot.
We leven in de pulsatie tussen het verlangen om lief te hebben en het verlangen om vrij te zijn. In liefde komen we tot creatieve en steeds vernieuwde vormen van conditionering; we stellen echter geen vrije liefde voor op basis van narcistische zelfbevestiging, maar de vrijheid om lief te hebben op een transcendente basis.
De zoektocht naar bevrijding van alle conditionering is een metafysische hersenschim. De dood is de absolute staat van de ongeconditioneerde ziel, waar we vrij zijn van de meest minieme conditionering. In de liefde structureren we een vorm van conditionering voor twee die de identiteit verheft en de zin van het leven aanwakkert. Vanuit deze transcendente ervaring is de uitstraling van "intra-species" liefde mogelijk, met andere woorden, een structuur van "kosmobiologische" solidariteit.
We hebben gezien dat liefde onmogelijk is op basis van individualisme. Liefde kan alleen worden bereikt op basis van identiteit.
Laten we nu eens dieper ingaan op de relatie tussen vrijheid en liefde. Als vrijheid wordt uitgedrukt als transcendente onafhankelijkheid, dan is het de diepste kwaliteit van integriteit. Deze uitspraak laat zien dat we alleen door onafhankelijk te zijn integer kunnen liefhebben. De onafhankelijkheid van geliefden sluit bezitsdrang uit. Alleen als ze onafhankelijk zijn, kunnen ze voor elkaar zorgen en zich aan elkaar wijden. Afhankelijkheid heeft daarentegen omstandigheden van onderdrukking en bezitterigheid gecreëerd. Bezitsdrang treedt op wanneer er afstand is tussen de twee mensen, zoals bij een object.
In liefde is er echter geen afstand. In liefde is er versmelting, de stroom van leven, diepe eenheid. Dit is waar het "ik ben jou en jij bent mij" wordt vervuld. Erbij horen heeft alleen betekenis in het feit dat men deel uitmaakt van de ander. Er is een continuüm gevormd door de verschillende graden van afstand, van de staat van afscheiding tot versmelting. Verschillende emoties zoals wrok, agressie, angst, onzekerheid en bezitsdrang creëren afstand. In deze gevallen is de ander onvoorspelbaar; de ander is een mysterie; de ander is een onbekende. Zo ontstaat bezitterigheid. Wanneer de ander zo transparant is als een kind, is er de voorwaarde voor liefde. Vrijheid in liefde is vrijheid voor versmelting.
Het concept van versmelting in liefde verwijst naar het maximale punt van genot en vervulling dat menselijke wezens kunnen bereiken. Deze vervulling is een subtiele mix van gevoelens van diepe vrede en euforie. Het gevoel van vrede wordt geproduceerd door via liefde af te dalen naar de diepten van de werkelijkheid. Het gevoel van euforie wordt voortgebracht door de sensatie van een overvloed aan leven en door de creatieve ontdekking van een onvoorstelbare identiteit.
De fusie van liefde is in wezen seksueel. Het impliceert de afwezigheid van onderdrukking, wat een gevolg is van persoonlijke vrijheid voor fusie. De afwezigheid van onderdrukking is de voorwaarde voor de manifestatie van verlangen, en verlangen wordt voortgebracht door progressieve daden van verbinding, zodat deze samensmelting vrijheid, bevrijding van remming, verbinding en verlangen impliceert.
Biodanza werkt op deze vier punten van versmelting:
1. Het stimuleert het proces van transcendente bevrijding en de moed om heel te zijn.
2. Het verwijdert schuldgevoelens en de mechanismen van "zelfrepressie".
3. Het moedigt expressieve middelen van verbinding en ontmoeting aan.
4. Het stimuleert de explosie van verlangen.
Door te werken aan de versmeltingsimpuls stimuleert Biodanza de mogelijkheid tot maximaal genot. Het genot van liefde is de basis van de vivencia van het levend zijn.
De vivencia van het levend zijn voedt identiteit.
De verliefde versmelting , de euforie van te leven, de pracht van een identiteit die een andere identiteit overstijgt, vormen de kern van onze bekommernis in Biodanza. De verliefde versmelting verwijst naar een essentiëel integratieproces tussen twee personen. Een louter seksuele relatie zonder verliefde versmelting is een fenomeen dat wordt beleefd door individuen, niet door identiteiten. Het is gewoon heerlijke masturbatie.
De liefde bedrijven verwijst naar het proces van essentiële integratie tussen twee mensen. Een eenvoudige seksuele relatie zonder vrijen is een fenomeen dat wordt ervaren door individuen, niet door identiteiten. Het is gewoon een heerlijke masturbatie.
We kunnen drie vormen van erotische relaties karakteriseren, met radicaal verschillende gevolgen:
1. de seksuele relatie waarin slechts één persoon bevredigd wordt: het is dissociatief, bitter en onwezenlijk; schadelijk voor beiden;
2. de erotische relatie waarin beide individuen bevredigd zijn, maar zonder versmelting. Het is vreugdevol, speels en aangenaam;
3. de seksuele relatie, waarin twee mensen hun identiteiten samensmelten, die beide partners de vivencia van gelukzaligheid schenkt en waarin hun biologische processen en existentiële structuur vernieuwd worden.
Dat de structuur van het bestaan onbewuste motivaties heeft, is niet helemaal waar. Dat het nodig is om bewuste richtlijnen te geven aan ons bestaan is nog minder waar. Dat ons bestaan het resultaat is van een reeks beslissingen is ten slotte helemaal niet waar. Ons voorstel is dat het bestaan de ontwikkeling van een project is en dat de drijvende kern van dit project emotioneel van aard is.
Deze kern is iets veel complexer dan wat gewoonlijk "instinctieve motivaties" worden genoemd. De structuur van het bestaan is gebaseerd op het antwoord van onze eigen identiteit op drie grote raadsels: Waar wil ik wonen? Met wie wil ik leven? Wat wil ik doen?"
Een volwaardig bestaan is het gunstige antwoord dat we op deze vragen geven met onze kleinste handelingen.
Een ongezond bestaan is het antwoord dat ons dag na dag scheidt van het pad dat emotioneel in ons hart is uitgestippeld. De gezonde persoon luistert naar zijn emoties en volgt dit pad tot het einde. De zieke persoon verdwaalt in een labyrint dat door zijn eigen beslissingen is gebouwd.
Ontevredenheid, slechte stemmingen, gevoelens van frustratie en mislukking, een veelvuldig gevoel van leegte en zinloosheid, neurotische reacties en andere ernstigere vormen van pathologie, zoals psychopathisch gedrag, komen voort uit een loskoppeling van deze essentiële kern van identiteit.
Het fenomeen kan worden samengevat als een drievoudig verraad van het zelf. De eerste kern, over "waar te leven", is het antwoord op de diepste nostalgie naar een ecologisch paradijs, dat ongetwijfeld bestaat, maar dat veroverd moet worden. Het is onze behoefte aan een baarmoeder, een schoot, een nest, die de mens leidt naar een soort eeuwige terugkeer op zoek naar zijn oorsprong. Het gevoel van een grot is verbonden met het idee van een baarmoeder. Mircea Eliade vond enkele equivalenten tussen baarmoeder, schuilplaats en huis. Deze plek is voor iedereen anders. Het is het land van belofte.
De tweede component van deze affectieve kern van het bestaan, "met wie te leven", vereist een lange pelgrimstocht op zoek naar essentiële, authentieke, betoverende communicatie met andere mensen. Jezelf onderdompelen in de soort, in de ongedifferentieerde Eros, tot je de zielsverwant ontdekt, die unieke, perfecte resonantie, die intimiteit die kameraadschap voortbrengt. Het existentiële drama ligt niet in het niet vinden van je partner, maar in het niet kunnen herkennen ervan.
De derde kracht die ons bestaan stuurt is, net als de vorige, verbonden met de essentie van onze identiteit. Wat wil ik doen? Wat is van alle oneindige opties mijn ware beroep? Wat is mijn roeping?
Roeping komt voort uit stem, een goddelijke roep, het is wat geboren wordt uit de essentie van onze identiteit. Sommige mensen moeten meerdere banen uitproberen, moeilijke taken uitvoeren of zich overgeven aan creatieve "leegte" totdat ze het ambacht van hun mooiste potentieel vinden.
Andere mensen, gedesoriënteerd in het labyrint van onze beschaving, vervreemd, bewandelen deze innerlijke routes niet, ze lopen als doden, geleid door klaagzangen. Ze doen denken aan de ijzingwekkende "Tiende Elegie" van Rainer Maria Rilke.
De drie affectieve componenten van de existentiële kern zijn diep met elkaar verbonden. Veel mensen willen zijn waar hun liefde is en iets doen voor en met hun geliefden. Nomadische volkeren hebben wat hen in staat stelt te overleven en te werken verenigd met waar ze kunnen leven. John Perse bezingt deze rondtrekkende massa's en hun beroepen: "Mannen, mensen van stof en van alle beroepen, mensen van zaken en van vrije tijd, mensen van de grenzen en mensen daarbuiten (...) snuffelaars van tekens, van zaden en belijders van slagen in het Westen (...) Oh, zoekers van ogen van water in de korst van de wereld, oh, zoekers, oh, ontdekkers van redenen om elders heen te gaan..."
Froebenius maakt onderscheid tussen twee diep verbonden begrippen die de sedentaire en de nomadische mens kenmerken: zij die hun ecologische nest vinden en zich ergens stabiliseren, en zij die eeuwig op zoek zijn naar plaatsen om te leven. Hij spreekt van de "geest van de grot" en de "geest van de verwijdering".
De bestemming van de mens, de ontplooiing van zijn existentiële kiem, is niet fataal bepaald. Het project wordt gevormd en gerealiseerd in trouw aan deze fundamentele emoties en wordt gevormd door gevoelige bewegingen aan de basis van nostalgie.
Ik zou graag contact opnemen met..., ik heb mijn contacten..., ik heb contact opgenomen met..., tussen ons is er geen contact..., het is iemand met veel contacten...
We horen het woord "contact" zo vaak, verwijzend naar verschillende soortn contact, naar mensen die we kennen in de familie, in de maatschappij, op het werk of naar mensen die we niet kennen (in de virtuele wereld); Er wordt echter heel weinig gezegd over de immense behoefte aan lichamelijk contact, het verlangen om aangeraakt, geknuffeld, gestreeld, omhuld te zijn, hongerig (want daar gaat het om) te worden, om affectieve gesprekken, , tederheid, of waardering die we elke dag verwachten, van minuut tot minuut, zonder het te weten, zonder ons ervan bewust te zijn.
Het is cultureel geaccepteerd dat baby's, kinderen (tot 5 of 6 jaar), terminaal zieken en huisdieren behoefte hebben aan contact; maar bij oudere kinderen, tijdens de puberteit, jeugd, en ouderdom lijkt dat niet zo te zijn.
Ik heb me vaak afgevraagd wanneer, waar en waarom deze dissociatie is ontstaan. Er zijn antecedenten in familietrauma's, de onderdrukking die door religies wordt bevorderd, de voorrang in de opvoeding van de zintuigen zicht en gehoor boven tast, smaak en reuk, evenals intellectuele inhoud (cognitie) boven sensaties, emoties en gevoelens.
Ik observeer de tegenstelling van behoefte en belemmering (in de Menselijke Integratie sessies gebaseerd op beweging die ik faciliteer). Wanneer we elkaar benaderen, elkaar begroeten of beginnen te dansen, zijn dit soms de bewegingen die we als kind uitten toen we geconfronteerd werden met verschillende stimuli of situaties. We weten dat wanneer we gesocialiseerd raken en op een georganiseerde manier beginnen te praten (tussen de leeftijd van 4 en 6 jaar), we dit mechanisme beginnen te gebruiken. Het zegt ook iets over de wereld waaraan we ons moeten conformeren en die ons vaak doet terugtrekken in plaats van uitreiken (met enkele eervolle uitzonderingen natuurlijk).
Er wordt veel geschreven over succes, overvloed, erbij horen, als iets dat bereikt moet worden, streven, rennen, gebouwd op de angst om te stoppen, om aanwezig te zijn, om de balans op te maken van 'wat er is' (wat kracht is, geen gebrek), om te verbinden, om met elkaar te resoneren, om je afgescheiden te voelen van niets. Dit is 'contact'.
Een vriendin van me zei een paar dagen geleden tegen me: "Ik ben er geen voorstander van om aangeraakt te worden". Ik luisterde naar haar en antwoordde: "Misschien ben je hier om te kijken en bekeken te worden, maar als iets ons beangstigt, hebben we een woord nodig dat ons 'raakt', een omhelzing van geliefden, we hebben het nodig om vastgehouden te worden. Het probleem ontstaat met 'Vreemdelingen', en daar wil ik bij stilstaan.
Volgens het woordenboek is het begrip "vreemd": iets dat ver afstaat van de natuur of van de gesteldheid waarvan het deel uitmaakt, dat buiten het organisme bestaat, dat van buiten-organische oorsprong is, (bijv. het verschijnen van een vreemd lichaam). Niets in deze definitie beschrijft waarom een ander mens, die anders kan zijn, "vreemd" voor ons wordt.
Om Edgar Morin te citeren
"De ander is zowel gelijkaardig als ongelijkaardig, gelijkaardig door gedeelde menselijke en culturele kenmerken, ongelijkaardig door individuele eigenaardigheden of etnische verschillen. De ander draagt in zich inderdaad het vreemde en het gelijkaardige. Ten overstaan van een vreemdeling bevinden we ons in een ambivalente relatie, twijfelend tussen sympathie en angst.
De ander is al het middelpunt van de aandacht. Het principe van inclusie is origineel, zoals het kuiken dat uit het ei komt en zijn moeder volgt. De ander is een interne noodzaak. De relatie met de ander is feitelijk ingeschreven in de relatie met het zelf. Neem bacteriën, onze voorouders, zo divers en gevarieerd als ze zijn, ze communiceren met elkaar door elkaar "het kostbaarste" aan te bieden, strengen DNA in de schoot van het immense WIJ"
(E. Morin, L'humanité de l'humanité, deel 2: La relation avec l'autre).
Laten we nu eens kijken naar de ontmoeting. Wat gebeurt er als contact de nabijheid van lichamen inhoudt? In het spel van verleiding waar sensualiteit, seksualiteit en genitaliteit in het spel komen, met meer of minder moeilijkheden, lost de wrijving van de lichamen het op. Vaak zijn seksuele ontmoetingen echter een wanhopige behoefte aan contact, tederheid en emotionele intimiteit.
De grootste moeilijkheid ligt bij de affectieve uitgesprokenheid, bij de afwezigheid van tederheid, bij de aanwezigheid en bij de affcetieve steun. Daarom beschouw ik het als primaire voeding, gelijk aan zuurstof, water, slaap en voedselinname.
De inprentingen van onze eerste emotionele contacten in het vruchtwater zijn niet onbelangrijk. Evenmin als die van onze ouders of de mensen die ons begeleidden toen we opgroeiden. Zelfs de censuur en stigmatisering van contact door de cultuur werken als conditionering in deze 'domesticatie' waar we onder lijden.
Om hiermee om te gaan, stel ik een paar mogelijkheden voor:
- Contact geleidelijk cultiveren: zelfcontact (het hele lichaam masseren en strelen).
- Massages ontvangen van mensen die je vertrouwt op delen van je lichaam die ongemakkelijk zijn.
- Bewegingssessies doen met licht, geleidelijk contact.
- Delen van ongemak en angst om dicht bij de ander te zijn
- Elk ongemak communiceren en grenzen stellen als je iets opdringerigs ervaart.
- In een groep zorgen voor eutonische ontmoetingen (juiste en harmonieuze speirspanning) om het vertrouwen in toenaderingen te herwinnen.
WE GROEIEN OP IN DE NOSTALGIE VAN CONTACT vanaf het moment dat we de baarmoeder verlaten, de huid met zijn miljoenen poriën wacht om terug te keren naar deze cenesthesie , naar dit genot.
Er is geen leeftijd om ernaar terug te keren, met liefde en geduld kunnen we onze bevloeiing en zenuwprikkeling, de beweging van onze hormonen begeleiden en, in dit prachtige cellulaire geheugen, de bloei cultiveren van een lichaam dat wacht.
Ik wil de complexe oorzaken die het contact soms verhinderen niet versimpelen, maar na vele jaren praktijkervaring wil ik graag ervaringen voorleggen en delen van vreugdevolle lichamen die er baat bij hebben en die niet alleen pijn of spanning nodig hebben om gewaar te worden.
Ik droom van een wereld (en Rolando Toro Araneda deed het voor mij toen hij Biodanza creëerde) waarin we elkaar kunnen ontmoeten, in elkaars ogen kunnen kijken, elkaar kunnen omhelzen, elkaar onze schoot kunnen aanbieden, met elkaar kunnen rusten, een wereld die empathisch is, affectief, solidair, in contact met het leven, dat een manifeste energie van liefde is. Dit is de reden en de betekenis van mijn taak, want :
Huid, niet wrijvend
over huid
barst
Lippen, ze niet aanrakend
met lippen
verdrogen
Ogen, niet kruisend
met ogen
sluiten zich
Het lichaam, niet gewaarwordend
het lichaam
vergeet zichzelf
De ziel, zichzelf niet overgevend
aan de ziel
sterft...
Ik ben Bertolt Brecht dankbaar (wiens gedicht ik heb toegevoegd), omdat hij de noodzaak benoemde waar ik het over heb.)
Misschien als we allemaal van hetzelfde dromen, gebeurt het....
Het Biocreatief dagboek is een creatie van Maria Amaya del Pilar, directrice van de Biodanzaschool in Bogota. In deze Biodanzaschool wordt het Biocreatief Dagboek al heel lang gebruikt als een rode draad doorheen de opleiding.
We hadden het geluk dat Maria haar ervaring met Biodanza en het Biocreatief Dagboek met ons in de Vlaamse Biodanzaschool heeft gedeeld.
Het is een didactische en kunstzinnige methode die woorden, beelden, gedachten en gevoelens samen laat dansen in een creatief en authentiek geheel.
Het is vanuit de gewaarwordingen in Biodanza dat organisch schrijven, organisch tekenen en collage, de structurele elementen van het Biocreatief Dagboek ontstaan en worden gedeeld.
Het Biocreatief Dagboek verschilt van andere op kunstzinnige therapie gebaseerde voorstellen omdat het ontstaat vanuit de gewaarwordingen beleefd in Biodanza.
Het heeft een grote onthullende kracht, en biedt ons momenten van bewustwording, begrip en integratie voor het dagelijks leven op verschillende vlakken:
organisch niveau
- de verschillende lichaamsfuncties worden geïntegreerd doordat het creatieve proces ons laat kennismaken met een ander ritme, ons uitnodigt om te vertragen en om naar binnen te kijken.
- door het expressieve vermogen te stimuleren, kunnen we de genezende en potentialiserende dimensie van woorden, beelden en dans terugvinden.
- creativiteit in het algemeen heeft anxiolytische effecten en stimuleert organische zelfregulatie.
- stimulatie van homeostase
- stimulatie van cellulaire zelforganisatie
- stimuleert onze algemene gezondheid
- genereert autopoësis: we creëren onszelf voortdurend door onze daden, gedachten en gevoelens.
psychologisch niveau
- stimuleert het spelinstinct.
- het Biocreatief Dagboek verbindt ons met het genot van het scheppen zonder resultaatverwachting, vanuit vrijheid en spontaniteit.
- het stimuleert ons vermogen tot ontmoeting met ons zelf.
- onze creaties geven de mogelijkheid om onze emoties uit te drukken, en levensgebeurtenissen te integreren, te symboliseren en verbinding te maken met anderen.
- het versterkt onze identiteit.
existenciëel niveau
- je komt in contact met je innerlijke kunstenaar, leert hem of haar een duidelijke plaats in je leven te geven
- je laat een sluimerend deel van je wezen ontwaken.
- je hervindt de verbinding met de taal van beelden, tekeningen en het organische woord en schrift.
- je ontwikkelt een poëtische waarneming van het leven.
- je bekrachtigt je gevoeligheid.
- je voedt en deblokkeert het vermogen om te communiceren.
- je herwint de verbinding met woorden en beelden die voortkomen uit het onbewuste en laat de censuur achter zich die, gebaseerd op het verstand, taal en communicatie vaak beperkt.
- je krijgt weer zelfvertrouwen en creatief vermogen en staat versteld van wat je kan uitdrukken en schrijven.
- je wordt een gevoelige luisteraar die zijn auditieve en visuele zintuigen stimuleert.
- creativiteit verbindt ons met een tijdloze vivencia en brengt ons dichter bij Kairos.
Het Biocreatief Dagboek genereert een bewustzijnsverruiming die je in staat stelt je bestaan te transformeren.
Bron: tweede deel van de uitbreiding Biodanza en Poëzie : "Biodanza en het Biocreatief Dagboek" - auteure: Maria Amaya del Pilar - vertaling: Inge Struyf
Er bestaat iets meer dan het alledaagse bestaan in het leven van een mens om een vorm van tevredenheid te ervaren. Een behoefte aan betekenis. Iets dat iedereen diep van binnen voelt als een mogelijkheid om te zijn. Niet zomaar iemand of iets. Jezelf zijn. Betekenis geven.
Ons zijn in de wereld, door de oneindige prikkels om ons heen, in de diepe impulsen die ons aanzetten tot leven, is een voortdurende uitnodiging om aan deze diepe wens te voldoen. Maar geven we werkelijk gehoor aan deze uitnodiging?
Velen van ons hebben vele jaren van ons leven doorgebracht op de schoolbanken, in afgesloten, beperkte en beperkende ruimtes. We hebben zoveel geleerd over zoveel dingen. Maar het leven ging door en blijft wachten tot we leren hoe we het gewoon moeten leven.
Het blijkt echter dat de oorspronkelijke betekenis van ethiek niets anders is dan de kunst van goed leven. De kunst van groeien, van jezelf uiten, van vernieuwen, van veranderen, van verbinden, van liefhebben, van één worden met het leven, van openstaan voor de schoonheid ervan.
Maar welke school biedt ons, door ons daadwerkelijk de middelen te geven, de kans om deze kunst te leren? Welke school, welke pedagogie durft te vertrouwen op onze diepe natuur en dit de basis te maken van onze cultuur? Van een cultuur van het leven. Het is interessant op te merken dat de etymologische betekenis van "cultuur", net als het woord "cultus", afkomstig is van het Latijnse "colere", wat "vereren" betekent. Welke school stelt voor het leven te vereren? Om het te vereren, oftewel ervan te houden: onszelf liefhebben, lichaam en ziel, als een uiting van het leven.
Rolando Toro Araneda, onvoorwaardelijke liefhebber van het leven, is erin geslaagd in dit voorstel dat we "Biodanza" noemen, de dans van het leven, te verenigen met een begeleiding in de Kunst van Leven.
Begeleiding die in overeenstemming is met de inhoud van de les: leven om het leven te leren; liefhebben om liefde te leren; genieten om smaken te leren; dansen om de taal van de lichamen te leren, contemplatie om de taal van de harten te leren. Jezelf zijn om jezelf te ontdekken. De ander ontmoeten om hem te kennen, om jezelf te kennen.
Biodanza is een school van de werkelijkheid ...
Het is geen fictie, geen interpretatie, geen analyse, geen studie, geen religie. Het is een uitnodiging om de mogelijkheden van het leven in elk van ons en tussen ons in wakker te maken, in elk van onze relaties.
Het concept van het ontwaken van de mogelijkheden gaat in de eerste plaats terug naar zijn biologische wortels: cellulaire processen, weefselprocessen en het realiseren van organische functies. Het is echter door de waarneming van onze eigen interne bewegingen en de gewaarwordingen die ze genereren, afhankelijk van of ze prettig of onaangenaam zijn, dat we leren om ons te oriënteren door onze "interne referentie". Vandaar de initiërende kracht van dans.
Het concept van onderlinge afhankelijkheid en de relationele dimensie van onze identiteit stellen ons ook in staat om deze interne referentie over te brengen naar een groter systeem dan alleen onszelf, op de schaal van een levende gemeenschap - de menselijke soort als geheel - en van een levend geheel - het geheel van het levende.
De biologische afstamming waarop Biodanza is gebaseerd, reduceert de mens dus niet tot vitale functies, nut of sociale rol, maar plaatst hem in een uitgestrekt levend weefsel waaraan hij deelneemt, net als bacteriën, aminozuren, de ijzeren sterren, het licht van de hemellichamen, het koolstof van koralen, de dans van de bijen... en die van de sferen... en de gloed in de diepte van een blik."
De liefde proberen te verklaren is door de eeuwen heen altijd een utopische taak geweest, een taak die alleen droomdichters, afhankelijk van hun mogelijkheden, hebben kunnen volbrengen, of voor degenen die de kunst van het verwoorden zonder te verklaren hebben ontwikkeld, overgeleverd aan de stroom van de poëtisch-muzikale trance die een toestand bevordert waarin het leven zichzelf organiseert, dankzij de ecofactoren van de integrerende trance en de daaruit voortvloeiende staten van verruimd bewustzijn, waardoor we “de waarheid” op een vivenciële manier benaderen.
Een waarheid die, als ze verteld wordt, bedekt wordt door de sluiers van de mythe, de metafoor of de analogie. Wij zijn die lichamelijke of neuro-psycho-biologische dichters die in vivenciële termen kunnen uitdrukken wat geïntegreerd is als een constitutief onderdeel van ons vitaal onbewuste, dat de waarheid in elk wezen en in de herschepping van hun identiteit in zich draagt, zoals weerspiegeld in de Griekse mythe van Eros en Psyche, waarin de handeling van het ontwaken van de betoverde prinses, enkel door een kus van authentieke liefde die leidt tot de onsterfelijkheid van de ziel, datgene is wat ons transformeert in halfgoden, waardoor we ware vruchten/zaden worden waarin verstand en hart één zijn, geïntegreerd, herboren in liefde.
De behoefte aan existentiële vernieuwing is een diep en blijvend kenmerk van mensen, en we vertrouwen op dit vermogen en deze mogelijkheid in wat we organische vernieuwing noemen, de mogelijkheid om ons leven te heroriënteren of te kanaliseren door er een persoonlijke beslissing van te maken, de mogelijkheid om dit proces van wedergeboorte te kiezen als een voorouderlijke ervaring die geritualiseerd is in elke cel van ons organisme en in elk levend organisme.
Wedergeboorteceremonies bestaan op de planeet als een ritueel onderdeel van elke cultuur en beschaving sinds het verschijnen van de mens, ze begeleiden haar/zijn evolutionaire proces en verankeren haar/hem als een bewoner van haar/zijn eigen vrije wil.
In Biodanza worden deze ervaringen van wedergeboorte aangemoedigd en gemaximaliseerd door de eeuwige terugkeer naar de oorsprong, om de boodschap of teleonomische aard van de instinctieve genetische impuls om te overleven terug te vinden.
De betekenis die in Biodanza aan wedergeboorte wordt gegeven, en die in het Minotaurus Project tot volle wasdom komt, wordt gegeven in de specificatie van deze uitbreiding van therapeutische aard, een rituele ceremonie waarin deze diepgaande vernieuwing mogelijk is.
Of het nu in de mythe/parabel van het wonderkind is, of in de heldenreis van de Jungiaanse archetypen, deze terugkeer naar de oorsprong en perinatale levensfasen vormt de lucht van vernieuwing voor de Biodanser-es, waar Eros Psyche omarmt, omdat dit de plek is waar de trauma's ontstaan die worden veroorzaakt door dissociatie van de politieke, religieuze, sociale, culturele en/of familiale omgeving en soms de authentieke expressie van specifieke menselijke instincten remmen, onderdrukken, dissociëren en/of perverteren.
Deze helende reis terug naar de oorsprong om de teleonomische boodschap van deze instinctieve kracht te herstellen door middel van de integratieve regressie van Biodanza verbindt ons opnieuw met de protovivencia of initiële vivencia waarin we ons kunnen reorganiseren tot een nieuwe homeostase vol biocentrische betekenis.
Op deze manier brengt elke ervaring van wedergeboorte ons oog in oog met een nieuwe mogelijkheid om te zijn wie we werkelijk zijn, waarbij we met de emoties die aspecten integreren die vervat zijn in dit vitale onbewuste dat Rolando voorstelt.
Het is als het samenvoegen, schudden en teruggeven alsof het een pak kaarten is, als een eindeloos spel van schepping waarin de context van de omgeving, verrijkt met mogelijkheden, ook opnieuw geschapen, de epigenetische voorwaarde bevordert voor een echte maar onbeschrijfelijke omwenteling die ons transformeert in een levende definitie van waar het bij Biodanza om gaat.
Het leven reorganiseert zichzelf voortdurend. Wij, de facilitatoren, geven de impuls door nieuwe processen te stimuleren en we begeleiden ze door samen op weg te zijn. De groepen vormen een levende matrix voor deze processen, de muziek wiegt ons kind, de streling voedt de mogelijkheden en de gezamenlijke reis begeleidt allen die dansen en zichzelf herscheppen alsof het de eerste keer is, zichzelf aan de wereld tonen in hun heiligheid van wedergeboorte tot een extatisch bestaan, doordrenkt met hun goddelijke essentie, gevuld met leven en beweging vol betekenis.
De mens, en kinderen in het bijzonder, kunnen niet leven zonder tederheid. Als we tijdens deze fase van protovivencias kinderen meer liefde geven of een verschillend soort liefde dan ze nodig hebben, kan dit dezelfde traumatische gevolgen hebben als het gebrek aan liefde.
Het voortijdig uiten van vormen van hartstochtelijke en/of seksueel getinte liefde naar een wezen toe dat lichamelijk en psychisch nog onvolwassen is, leidt tot een spraakverwarring tussen passie en tederheid. Er is geen eutonie tussen beide talen. (1)
Het gaat over het getraumatiseerde kind, ‘de geleerde baby’ die te vroeg volwassen is en gedwongen wordt een vreemde taal te spreken naast zijn natuurlijke taal van tederheid, de taal van passie opgelegd door volwassen verleiding. Deze ‘verleiding’ hoeft niet (louter) genitaal seksueel te zijn, elke vorm van parentificatie of deze nu eerder affectief, seksueel en of intellectueel is, vormt een reëel risico op trauma. (2)
De reële behoefte aan tederheid alvorens we volwassen kunnen verlangen en liefhebben werd in zijn eerdere werk ook benadrukt door Freud. Ferenczi vertelt verder: ‘We moeten hier verwijzen naar ideeën die Freud lang geleden ontwikkelde, toen hij het belang van de taal van tederheid benadrukte. Lang geleden, toen hij het feit benadrukte dat het vermogen om objectieve liefde te ervaren wordt voorafgegaan door een stadium van identificatie. Ik zou dit stadium beschrijven als dat van passieve objectieve liefde, of het stadium van tederheid.’
Elk taalbad kunnen we beschouwen als een weefsel waarin we zijn opgegroeid. Lacan zegt : ‘Nous sommes nés dans un bain de langage’. Dit taalbad is een intieme psychosomatische cultuur binnen elk gezin dat bestaat uit woorden met letters zoals een tekst en gebaren die een choreografie, een bewegingstaal vormen. In de lege ruimtes tussen de letters en de bewegingen in gaat elk kind proberen zijn weg te vinden naar volwassenheid. (3)
Wanneer de taal van het kind anders begrepen wordt door de volwassene, of het kind taal absorbeert die passioneel is, ontstaat er een dissociatie of psychosomatische ‘kloof', dat wil zeggen een kloof tussen gedachten en het lichaam. Dit is een algemeen menselijk fenomeen dat beschavingen en culturen overstijgt: de oppositie tussen volwassenen en kinderen en, meer specifiek, de toegang tot de wereld van de volwassenen. (4)
Die spraakverwarring tussen passie en tederheid bestaat volgens Ferenczi niet enkel in het gezin, in de relatie tussen (groot)ouders en kinderen, maar mogelijk ook tussen therapeut en cliënt, leraar en leerling. Waarom zou deze spraakverwarring dan niet bestaan binnen de psychosomatische cultuur tussen facilitator en deelnemers, en tussen deelnemers onderling?
Nu wil ik dan graag het woord ‘gezin’ in het centrum zetten. De eerst diepere betekenis ervan ontdekte ik tijdens het schrijven van mijn monografie om af te studeren als Biodanzadocent nu bijna 20 jaar geleden. Het voorvoegsel ‘ge’ betekent samenvoegen. ‘Zin’ betekent zowel een opeenvolgende rij woorden met een grammaticale structuur en een betekenis, als ‘verlangen’ en ‘goesting’ en tot slot ook ‘richting’, welke ‘zin’ geef ik aan mijn leven? Dit ene woord, ‘gezin’ is dus een concentraat van betekenissen! Het bestaat enkel in het Nederlands, in andere talen zijn er enkel omschrijvingen als ‘familiale kern’.
De tweede diepere betekenis van het woord ‘gezin’ heb ik ontdekt door zelfstudie, en tijdens het begeleiden, luisteren, observeren en faciliteren van cliënten en deelnemers. De spraakverwarring als gevolg van die passionele liefde, die we kinderen al dan niet gewild opleggen, heeft gevolgen voor de vorming van hun identiteit. Naargelang de vorm die de volwassen liefde aanneemt en naargelang het genetisch potentieel van het kind, zal er reeds vroeg een verdediging ontstaan ter bescherming, bijvoorbeeld karakterpantsers en dissociaties.(5)
Het kind (en later dus de cliënt, de leerling, de deelnemer) is met het vertrouwen in de wezenlijke getuigenis van zijn ouders, ook het vertrouwen in de eigen gewaarwordingen en bewegingen verloren, de getuigenis van hun eigen zintuigen is verbrijzeld. Ze kunnen dus ook niet meer vanuit en voor zichzelf spreken. Ze zijn dus nog niet, of niet meer volledig, geïntegreerd als volwassene, voor onbepaalde tijd.
Als deelnemers aangetrokken zijn tot de vivenciële beleving, is dat vaak omdat ze onbewust ook terechte honger hebben naar affectiviteit en tederheid nadat of tijdens dat ‘de verwarring van talen’ ook een waarschijnlijk traumatische rol speelde in hun leven . Als facilitator hebben we volgens mij de ethische verantwoordelijkheid om een diepgaande poging te doen deze traumatische ervaringen niet te herhalen. Ik zal hierbij twee voor mij belangrijke thema’s aanhalen: menselijke relaties en menselijke beweging.
Overal waar mensen samen zijn is de dynamiek van overdracht en tegen overdracht steeds aanwezig. Als facilitator hebben we naar mijn inziens geen andere keuze dan hier zo bewust mogelijk mee om te gaan, eventueel met intervisie en/of supervisie. Onze deelnemers hebben een kader nodig dat zoveel mogelijk vrij is van affectieve narcistisch getinte manipulatie en van elke mogelijke vorm van parentificatie door de facilitator.
Deelnemers met de problematiek van de ‘geleerde baby’ hebben een duidelijk en niet dubbelzinnige menselijke omgeving nodig van geduld, tederheid, mildheid, authenticiteit en van volhardende aanmoediging tot autonomie en vertrouwen in hun mogelijkheid tot volwassenwording. De deelnemers kunnen elkaar hierin liefdevol steunen en aanmoedigen wanneer de facilitator haar of zijn functie als aarding ten volle en ondubbelzinnig integreert.
De spraakverwarring heeft zich diep in onze lichamen en onze bewegingen genesteld, tot ver voorbij de grenzen van het gezin. ‘Onze cultuur heeft zich het lichaam niet toegeëigend als een uitdrukking van een vivenciëel, sensorisch, affectief en passievol geheel; evenmin als een ‘bestaan’ (lichaam zijn). We leven ons lichaam niet, het wordt gebruikt, het lichaam is nuttig. …
Dit soort van utilitaristische manipulatie van het lichaam mondt, niet meer of niet minder, uit in een erotische cultuur zoals de lichaamsspecialisten die ons willen verkopen. Dit toont ons steeds meer de vernietiging van ons verlangen door productie en werk, en tenslotte door verveling. Genot en voldoening hebben zich omgevormd tot tijdverdrijf, erotisme tot pornografie, het verlangen te ontdekken en het vermogen tot verbazing is hunkering geworden naar rariteiten en nieuwigheden. En dit minimum aan individuele voldoening wordt ons voorgesteld als hét maximum aan vreugde; de technologische maatschappij ontwerpt deze pseudo pleziertjes omdat het gereedschap, dat wil zeggen, lichamen die wij mensen zijn, niet te snel aftakelen en we langer mee kunnen in het gebruik.’(6)
Willen we de weg faciliteren naar de menselijke natuurlijke bewegingen, naar het vertrouwen in eigen zintuigelijke gewaarwordingen en naar de zin en de waarde van de eigen geschreven en/of gesproken woorden, dan pleit ik voor bewuste soberheid en duidelijkheid in de dansen, in de demonstratie én in de aanwijzingen. ‘De eerste kennis die we van de wereld op doen is door beweging. Die is ook de meest authentieke en oorspronkelijke kennis. Die staat het dichtst bij de heilige plaats waar niets moet.’ (7)
Elke bewegingscategorie is een motorisch archetype, ontdaan van elke vorm van culturele maskering. (8) Ze zijn een ‘natuurlijke’ letter in gedanste woorden, in een choreografie. Elke dans is een woord in de golvende zin van de vivenciële curve.
Laten we ‘naakte’ vivenciële parelsnoeren rijgen om onze natuurlijke bewegingen en authentieke woorden te bevrijden!
Inge Struyf
Directrice Vlaamse Biodanzaschool
Danstherapeute (neurodivergentie – volwassenen - individueel, paren en groepen)
Gespecialiseerd in (oa) het lezen van de beweging en de therapeutische benadering van de vivencia
Enkele Bronnen:
- (1) Confusion de langue entre les adultes et l’enfant - Sandor Ferenczi
- (2) Het drama van het begaafde kind - Alice Miller
- (3) Sèméiotikè. Recherches pour une sémanalyse - Julia Kristeva
Le Langage, cet inconnu. Une initiation à la linguistique - Julia Kristeva
- (4) aldus cultureel antropologe Margaret Mead
- (5) opleidingsmodules Biodanza: Psychologische Aspecten, Identiteit en Integratie,
Menselijke Beweging, Beoordelingscriteria, Methodologie II en III
specialisatie in Biodanza: Lezen van de Beweging
- (6) Biodanza, de kunst van het leven te dansen, de vivencia als therapie – Carlos
Garcia
- (7) Rolando Toro Araneda in de opleidingsmodule Menselijke beweging
- (8) Total body integration through Bartenieff fundamentals – P. Hackney

